Le blocage de la Voie Verte à Jarry, tout comme de deux autres accès à la zone industrialo-commerciale, par des déchets amiantés en tas sur la route dérange les activités. La Région Guadeloupe, la mairie de Baie-Mahault et les services de l’Etat sont mobilisés pour un plan d’évacuation d’urgence des déchets.
Le préfet Thierry Devimeux indique que celui qui les a mis là doit les enlever et les traiter à ses frais.
La voie verte est un axe majeur d’accès à la zone industrielle de Jarry, empruntée par environ 40 000 véhicules chaque jour. Elle est aussi classée comme voie rouge prioritaire reliant Jarry au CHU et contribuant à l’évacuation de la zone, classée au titre du plan de prévention des risques technologiques. C’est une route nationale depuis novembre 2019 et placée à ce titre, sous la responsabilité de la Région Guadeloupe
Depuis le 14 octobre, son accès est bloqué par le dépôt sur la voie d’environ 300 tonnes de déchets contenant de l’amiante comme l’a montré le rapport d’expertise diligenté à la demande du Préfet, imposant une procédure inédite d’enlèvement permettant de garantir la préservation de la santé des personnes et de l’environnement.
Dès que la situation a été portée à sa connaissance, la Région Guadeloupe s’est mobilisée sans délai afin que les mesures nécessaires soient prises dans le strict respect des règles de sécurité sanitaire et environnementale.
Afin d’arrêter une procédure d’évacuation et de traitement des déchets conforme à la réglementation, une réunion s’est tenue hier matin à l’initiative de la Région avec le maire de Baie-Mahault, les services compétents de l’Etat — DEETS et DEAL — et une entreprise agréée en matière de traitement des déchets amiantés.
Elle a permis de définir une procédure qui doit être mise en forme et soumise à l’agrément des services compétents de l’Etat. Une nouvelle réunion, sous le même format, est d’ores et déjà convoquée à la première heure mercredi matin afin de statuer définitivement sur les solutions retenues à mettre en œuvre au plus vite afin dans un premier temps de libérer l’emprise routière et permettre le rétablissement d’une circulation normale.
Dans un second temps, ces déchets seront traités et éliminés selon une procédure conforme à la réglementation. Cette même procédure sera aussi appliquée aux deux autres voies de Jarry où des déchets de même nature ont été déversés.
Le préfet et les barrages amiantés
Le préfet Thierry Devimeux a tenu à rappeler certains faits.
« Dans le contexte de récents mouvements sociaux, plusieurs barrages constitués de gravats de travaux publics ont été installés pour bloquer l’accès à la zone économique de Jarry (commune de Baie-Mahault). La quantité de gravats déposés est estimée entre 1 000 et 1 200 tonnes.
Le jour même, le préfet a fait usage de son pouvoir de réquisition pour organiser la libération de l’axe principal permettant l’accès des services d’urgence, de police et de gendarmerie à cette zone. Le coût de cette opération a été supporté par l’État.
Il appartient désormais aux autorités de police compétentes d’obtenir le démantèlement des autres barrages dans le cadre des dispositions de l’article L. 541-3 du
Code de l’Environnement.
En l’espèce, c’est au maire de Baie-Mahault qu’il appartient d’ordonner au détenteur des déchets abandonnés, à savoir celui qui les a déposés sur la voie publique, de procéder à ses frais à leur enlèvement, leur transport et leur entreposage dans le respect des règles applicables.
La région Guadeloupe dispose également d’une compétence de police spéciale lui permettant d’obtenir dans les mêmes conditions la libération de la « Voie Verte » qui appartient au domaine de la voirie nationale dont elle est gestionnaire.
Dans le cas où l’entreprise fautive refuserait de procéder aux actions nécessaires, les collectivités peuvent intervenir directement, et mettre ensuite l’opération à la charge de celle-ci.
Suite à l’intervention en urgence sur le premier barrage, des analyses menées sur les matériaux entreposés ont révélé la présence d’amiante sur l’ensemble des sites.
Dès ces éléments connus, le préfet a réquisitionné une entreprise disposant des qualifications nécessaires pour effectuer un bâchage des tas de gravats. Les mesures environnementales réalisées à cette occasion ont confirmé la présence de fibres d’amiante dans l’environnement du chantier.
Cette présence d’amiante impose la mise en œuvre de protocoles stricts pour la manipulation, le transport et l’entreposage de ces matériaux, de manière à préserver la santé et la sécurité des travailleurs et du voisinage.
Lors de plusieurs réunions les 29 octobre et 3 novembre, les services de l’État ont eu l’occasion d’expliciter auprès des représentants de la commune de Baie-Mahault et de la Région le cadre réglementaire à respecter. L’inspection du travail et l’inspection des installations classées pour l’environnement sont désormais dans l’attente de propositions opérationnelles des collectivités, qui seront examinées avec toute la diligence nécessaire.»

























