Guadeloupe. Avenir institutionnel : « Il convient de remettre l’ouvrage sur le métier », affirme Bernard Guillaume

Le groupe « Péyi Gwadloup »par la voix de son président, Bernard Guillaume, réagit enfin — et avec mesure — à la suite de la deuxième réunion sur l’avenir institutionnel et statutaire de la Guadeloupe qui s’est tenue lundi 9 février au ministère des Outre-mer, à Paris.

Que dit-il ? Bernard Guillaume souligne d’une part que la ministre semble pressée de boucle le dossier… avant la présidentielle, sans doute en espérant une défaite du « oui » à l’évolution institutionnelle, qui chamboulerait le landernau politique local, redonnerait du lustre à Ary Chalus, opposant farouche à tout changement autre qu’un toilettage de l’article 73.

D’autre part, en le disant sans trop en faire son miel, Bernard Guillaume met en avant « la fracture désormais béante entre les deux présidents du Département et de la Région », effectivement consommée. Mais qui ne devrait pas, compte tenu de la faiblesse du PS, malgré des efforts réels de jeunes têtes, comme Olivier Nicolas et Bernard Guillaume, permettre aux amis de Victorin Lurel de prendre la main, ni ici ni là…

Lisons Bernard Guillaume : « Sans surprise, la deuxième réunion de travail organisée lundi soir à Paris par la ministre des Outre-mer sur l’avenir institutionnel et statutaire de la Guadeloupe s’est achevée comme la première, le 19 décembre dernier : sur une absence de consensus entre les élus quant au projet issu du dernier Congrès des élus départementaux et régionaux.

Comment la ministre des Outre-mer pouvait-elle d’ailleurs espérer créer à Paris en quelques semaines le consensus qui n’a pas été construit en Guadeloupe en 3 ans, surtout sans rien changer ?

Représenté à cette réunion par les conseillers régionaux Loïc Martol et Victorin Lurel — en sa qualité de sénateur —, et par son secrétaire général Olivier Nicolas, le groupe « Péyi Gwadloup » a donc réaffirmé son profond désaccord avec le projet porté par le président du Département.

Tant sur la méthode que sur le fond, comme exprimé conjointement avec le groupe « Gwadloup Plurielle et Solidaire » (GPS) du Conseil départemental, dès le congrès des élus départementaux et régionaux de juin 2024.

Cette deuxième réunion a cependant mis en évidence ce qui apparaît aujourd’hui comme un parti pris assumé de la ministre des Outre-mer, et donc du Gouvernement : aller vite, afin de précipiter une consultation des électrices et des électeurs guadeloupéens avant la fin de l’année
2026.

En effet, malgré une discussion nourrie par les interventions du député Max Mathiason, d’Ary Chalus et de Marie-Luce Penchard appelant tous désormais à la même prudence que les élus « Péyi Gwadloup », la ministre Naima Moutchou fait clairement le choix d’une marche forcée sur la seule base du projet « article 74 » en écartant a priori l’examen d’autres optionstelles que la révision constitutionnelle que nous défendons.

L’état actuel de l’opinion publique guadeloupéenne, l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, les mises en garde des acteurs économiques, le calendrier électoral immédiat, l’existence d’autres voies possibles que l’article 74, les conditions douteuses du vote des résolutions lors du dernier congrès à une pseudo-unanimité dont le procès verbal n’a jamais été transmis depuis 8 mois… rien ne semble convaincre, pour l’heure, la ministre de s’inscrire dans un processus plus ouvert, moins contraint et plus prudent.

C’est pourquoi, à ce stade et dans ces conditions, le groupe « Péyi Gwadloup » ne peut que mettre en garde sur le risque élevé d’échec du processus en cours.

La fracture désormais béante entre les deux présidents du Département et de la Région, dont témoigne la publication après la réunion de Paris de deux communiqués en tout point contradictoires, n’est pas de nature à donner confiance à notre population.

Cela devrait achever de convaincre l’ensemble des parties prenantes qu’il convient de remettre l’ouvrage sur le métier et de prendre le temps de rebâtir la confiance. Entre les élus, avec la société civile et les acteurs économiques, et surtout avec notre population. »

Les deux communiqués évoqués :

La réaction de Guy Losbar : https://www.karibinfo.com/news/guadeloupe-politique-le-processus-devolution-des-institutions-se-poursuit-a-paris-avec-naima-moutchou/

La réaction d’Ary Chalus : https://www.karibinfo.com/news/politique-ary-chalus-le-pave-dans-la-mare-de-levolution-institutionnelle/

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