Face à une crise sans précédent qui touche actuellement le secteur du BTP en Guadeloupe, les membres de Guadeloupe Économique souhaitent alerter l’opinion publique et les décideurs sur les risques économiques et sociaux majeurs pour le territoire. Patrick Vial-Collet, président de la CCI-IG, Bruno Blandin, président du Medef Guadeloupe, Franck Desalme, président des MPI, tirent ici la sonnette d’alarme.
Depuis plusieurs mois, la fermeture d’une carrière essentielle à l’approvisionnement du marché local a profondément désorganisé la filière. Les entreprises sont désormais contraintes de s’approvisionner à l’extérieur de la Guadeloupe, engendrant des surcoûts considérables liés au transport, à la logistique et aux délais d’acheminement des matériaux indispensables à la poursuite des chantiers.
Cette situation exceptionnelle, indépendante de la volonté des entreprises, bouleverse l’équilibre économique des marchés en cours.
Pourtant, malgré la réalité des coûts supportés quotidiennement par les professionnels, de nombreuses collectivités et maîtres d’ouvrage publics refusent à ce jour de prendre en compte ces surcoûts exceptionnels.
Les conséquences sont dramatiques :
- Dégradation rapide de la trésorerie des entreprises ;
- Impossibilité d’exécuter les commandes en cours ;
- Reports ou ralentissements d’opérations ;
- Menaces sur l’emploi local ;
- Risques de défaillances d’entreprises et de pertes de compétences indispensables au développement du territoire.
Les organisations professionnelles considèrent qu’il n’est ni économiquement viable ni socialement acceptable de faire porter aux seules entreprises les conséquences d’une crise d’approvisionnement qui dépasse leur responsabilité.
A quelques mois de grands évènements pour notre territoire (Tour cycliste de la Guadeloupe, Route du Rhum) Face à l’urgence, Guadeloupe Economique appelle solennellement l’Etat, l’ensemble des collectivités, établissements publics et donneurs d’ordre à engager SANS DELAI un dialogue constructif avec
les représentants de la profession afin de mettre en place des mesures exceptionnelles permettant :
- La reconnaissance des surcoûts réels liés à l’approvisionnement extérieur ;
- L’adaptation des marchés publics en cours lorsque les conditions économiques ont été profondément modifiées ;
- La préservation du tissu économique local et des emplois ;
- La sécurisation des projets d’investissement indispensables au développement de la Guadeloupe
Par ailleurs, le ralentissement de la délivrance des permis de construire, lié notamment aux difficultés rencontrées en matière d’alimentation en eau potable et d’assainissement, contribue également à la diminution du nombre de chantiers lancés.
Cette situation retarde de nombreux projets de logements, d’équipements et d’investissements privés, réduisant encore l’activité du secteur du BTP alors même que les besoins du territoire demeurent importants.
La combinaison de ces retards administratifs avec l’augmentation du coût des matériaux et les difficultés d’approvisionnement fragilise l’équilibre économique de nombreuses opérations et menace la réalisation de projets structurants pour la Guadeloupe.
Le BTP constitue un pilier majeur de l’économie guadeloupéenne. Derrière chaque entreprise se trouvent des femmes et des hommes qui construisent les infrastructures, les logements, les équipements publics et les réseaux dont notre territoire a besoin.
Sans réaction rapide des pouvoirs publics, c’est l’ensemble de la filière qui risque de s’enfoncer dans une crise aux conséquences économiques et sociales majeures pour la Guadeloupe.
Guadeloupe Economique lance aujourd’hui un cri d’alerte et appelle à une mobilisation collective et responsable de tous les acteurs pour éviter un effondrement durable du secteur.
L’heure n’est plus au constat mais à l’action.























