Unis pour la paix. Plusieurs centaines de citoyens, élus et autorités religieuses, ont rendu hommage aux victimes du double homicide qui a coûté la vie à deux femmes, à Brest/Capesterre Belle-Eau.
Quand les constats sur la circulation d’armes ne suffisent plus, la Guadeloupe compte ses morts. Pour dire « Non » à la violence décomplexée qui sème la mort dans l’archipel, élus, citoyens, autorités religieuses ont marché d’un même pas à Capesterre Belle-Eau, samedi 4 juillet.
L’homicide – un de trop – qui a coûté la vie à deux femmes et blessés plusieurs personnes dont un enfant de 7 ans, mardi 30 juin, en début de soirée au quartier Brest de Capesterre Belle-Eau, suscite une vive émotion. En soutien aux proches, mais aussi pour dénoncer les faits de violence récurrents dans l’archipel, une marche blanche a sillonné les rues de la ville.
« La sécurité des Guadeloupéens ne doit plus être bradée »
Autour du maire, Jean-Philippe Courtois, le président du Conseil départemental, Guy Losbar, la sénatrice Solanges Nadille, le député Christian Baptiste, l’eurodéputé Rody Tolassy, Patrick Dollin, vice-président de la Région Guadeloupe, mais aussi André Atallah, maire de Basse-Terre, Henri Angélique, adjoint de la ville de Pointe-à-Pitre, Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin, Jean-Luc Edom, maire de Goyave…, les autorités religieuses (Mgr Philippe Guiougou, les représentants des communautés adventiste et évangélique de Guadeloupe)… ont témoigné leur solidarité.

« Nous avons souhaité rassembler la famille capesterrienne et guadeloupéenne pour dénoncer ces faits de violence qui se banalisent, explique Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre Belle-Eau. Il s’agit surtout d’envoyer un signal fort à l’ensemble des décideurs pour qu’ils donnent les moyens aux forces de l’ordre pour enrayer ce système qui s’installe depuis trop longtemps sur notre territoire. La sécurité des Guadeloupéens ne doit plus être bradée : nous refusons que de nouvelles familles soient endeuillées ! »


Parti de la mairie de Capesterre Belle-Eau, le cortège, accompagné par le groupe MBK, s’est arrêté sur les lieux du drame pour un dépôt de fleurs blanches et un lâcher de ballons. Ce moment de recueillement a été marqué par la prise de paroles des autorités religieuses. « La marche ne sera pas vaine : nous voulons agir, a assuré le représentant de l’église adventiste. Il est important que les parents ne renoncent pas à inculquer le respect des autres à leurs enfants, le respect de la vie des autres. Les parents sont les personnes les plus essentielles et nous serons à leurs côtés. »
Si Capesterre Belle-Eau a été le théâtre de faits dramatiques, les maires, parlementaires, autorités religieuses se sentent concernés par la violence qui sévit en Guadeloupe. « Capesterre Belle-Eau est touchée, mais toute la Guadeloupe pleure aujourd’hui, commente Jean-Philippe Courtois. Il est indispensable de rappeler à celles et ceux dont c’est la responsabilité qu’il faut créer les conditions de sécurité en Guadeloupe. »




D’une même voix, la classe politique interpelle l’Etat pour des actions efficaces contre la prolifération des armes et le trafic de drogues en Guadeloupe. Dans le même temps, les élus rappellent chacun à ses responsabilités, particulièrement les parents.
« Les premiers gendarmes, ce sont les parents », a insisté Jocelyn Sapotille, maire de Lamentin et président de l’association des maires de Guadeloupe.
Après cette forte mobilisation pour refuser de faire de la violence une fatalité, élus et services de l’Etat devraient s’entretenir la semaine prochaine.
Cécilia Larney

























