Descente de police de haut vol au tribunal judiciaire de Pointe-a-Pitre vendredi 28 novembre. Stéphane Hardouin, directeur de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), en visite en Guadeloupe, était accompagné du contrôleur général Philippe Miziniak, directeur territorial de la Police nationale.
Accueillis par la procureure de Pointe-a-Pitre, Caroline Calbo, Stéphane Hardouin — magistrat hors hiérarchie, directeur des services actifs de la Police nationale, chef de l’Inspection générale de la Police nationale — et Philippe Miziniak ont présenté l’action de l’IGPN en Guadeloupe au cours d’une rencontre avec la presse. Le directeur de l’IGPN a annoncé son intention de « renforcer ses relations avec les territoires » ce qui pourrait signifier un plus grand nombre d’enquêteurs, notamment en Guadeloupe, Martinique, Guyane. La conférence de presse était également l’occasion de revenir sur les actions et les prérogatives de l’IGPN, qui est un service d’enquête judiciaires et administratives.
« La police des polices » comme est communément appelé ce service, mène des enquêtes dans les services de police sur les soupçons de bavures policières, de corruption et tout manquements de policiers ou de service de police.
En fonction des politiques mises en vigueur dans les différents services de l’IGPN, les dossiers pris en charge peuvent être plus ou moins « graves ».
Stéphane Hardouin expliquait notamment que la politique de saisie des affaires impacte grandement les chiffres en fonction des départements concernés. Pour la Guadeloupe, on remarque par exemple moins de saisie de dossiers qu’en île-de-France, « car le risque et la fréquence des interventions augmentent en zone urbaine, » précisait-il.
Stéphane Hardouin :
En 2024, l’IGPN a récence 914 dossiers au niveau national. Pour la Guadeloupe, le centre de Fort-de-France (qui s’occupe de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane) a recensé 41 dossiers (dont une dizaine pour la Guadeloupe).
Parmi ces dossiers, deux ont concerné l’usage d’une arme entraînant une blessure, en Guadeloupe (les deux dossiers ont été classés sans suite). En ce qui concerne la corruption, des mesures ont été prises pour améliorer le contrôle de l’activité des agents, à l’instar du SCAF (Surveillance et contrôle des accès aux fichiers).
La rencontre avec ces deux spécialistes a par ailleurs permis de faire le point sur l’efficacité de l’action policière et judiciaire en Guadeloupe alors que de nombreux dossiers restent encore bloqués.
La Guadeloupe, à l’instar de la majorité des départements français, est dans un contexte d’augmentation de la violence, symbolisé par de nombreux chiffres dont l’augmentation des gardes à vue. Au sein des tribunaux, la pratique de la priorisation des dossiers est primordiale, avec une attention particulière pour les crimes graves (meurtres, tentative de meurtres et viols).
Philippe Miziniak a rappelé que l’objectif était d’inverser la tendance en terme de délinquance sur le territoire (et sur le plan national) en permettant notamment une amélioration de l’efficacité du travail des policiers.
Stéphane Hardouin a annoncé qu’il souhaitait que la pratique des contrôles inopinés par des enquêteurs de l’IGPN dans les commissariats soit appliquée en Guadeloupe (Martinique et Guyane) afin de vérifier cette efficacité.
Tafari Tirolien


























