Guadeloupe. Un projet ambitieux pour éliminer les fourmis-manioc 

Le lancement du projet de lutte contre les fourmis-manioc c’était jeudi 21 mai à l’antenne de la Région Guadeloupe au Raizet.

Le projet entre en phase d’expérimentation pour tous les agriculteurs volontaires afin de déterminer si le nouveau produit est efficace contre une fourmi dévastatrice qui envahit la Guadeloupe depuis 1954. 

L’objectif de ce projet est de combattre les fourmis appelées fourmis manioc en Guadeloupe, qui est une espèce envahissante connue depuis 1954. À cette époque, l’espèce invasive, importée probablement depuis la Guyane, était répertoriée uniquement dans la ville de Morne-à-L’Eau.

Aujourd’hui, elle est présente dans toutes les communes de Guadeloupe et elle a également été repérée à Marie-Galante et à Saint-Barthélemy.

Les fourmis-manioc sont particulièrement dangereuses pour l’écosystème de la Guadeloupe, car elles existent sur le territoire sans prédateur pour les réguler. En outre, elles collectent toutes les plantes, fleurs et fruits afin de nourrir leur nid ce qui crée des déséquilibres environnementaux ainsi que des difficultés pour les agriculteurs. 

Tuer le champignon pour éliminer
les fourmis dont elles se nourrissent

Depuis 2006, toutes les recherches pour combattre la fourmi manioc se sont estompées et les produits insecticides utilisés pour les combattre ont été interdits en raison de leur dangerosité pour l’écosystème ou les autres insectes, notamment les abeilles.

L’étude PELAO propose un nouveau produit, naturel, qui s’attaque directement aux nids des fourmis manioc. La fourmi manioc est une fourmi champignonniste, ce qui signifie qu’elle vit en nourrissant un champignon (avec les déchets produits par les plantes et les feuilles qu’elle collecte) qui lui permet de nourrir tout le nid.

Les études se sont donc portés sur l’interdépendance entre ce champignon qui nourrit la reine et l’entièreté du nid et la fourmi. La fourmi nourrit le champignon avec les déchets, le champignon nourrit en retour le nid et la reine pondeuse.

Le produit proposé par l’étude, propose des granulés qui vont être pris pour des déchets alimentaires par les fourmis qui vont donc le ramener au champignon au cœur du nid. Les granulés vont ensuite détruire le champignon ce qui va empêcher la reproduction des fourmis et leur alimentation. La destruction d’un nid prend environ 4 mois. 

Dr Leonide Celini :

Myriam Saint-Cirel. @TT

Ce projet, est financé par la Région Guadeloupe à hauteur de 1 million d’euros. Passé en phase expérimentale, il sera développé dans plusieurs zones de la Guadeloupe, notamment en zone forestière, ainsi que dans les exploitations partenaires.

« Aujourd’hui, on forme et recrute les techniciens qui les mettront en place. En fin d’année 2026, nous ferons des analyses des résultats pour permettre une restitution », explique Myriam Saint-Cirel, directrice de la croissance verte à la Région.

La solution 100% naturelle ne représente pas de danger pour l’écosystème ou les autres animaux, grâce à son ciblage particulier du champignon que cultive la fourmi, ce qui lui permet d’être efficace sans être destructrice.

Il a été présenté à de nombreux agriculteurs afin qu’ils décident ou non de participer à l’expérimentation. Suite à cette phase d’expérimentation, le produit pourrait être gardé et lancer en phase de production pour ensuite être commercialisé. 

Tafari Tirolien 

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