Lors de la plénière de l’Assemblée de Martinique, une prospective financière de la Collectivité pour la période 2026-2030 a été présentée aux élus pour faire le point en toute transparence sur le contexte et les perspectives.
La Collectivité Territoriale de Martinique évolue depuis plusieurs années dans un environnement financier particulièrement tendu. D’un côté, la baisse continue des dotations de l’État pèse directement sur les capacités d’action de la Collectivité. De l’autre, l’explosion des dépenses de solidarité (RSA, APA, PCH…) traduit une réalité sociale martiniquaise dont la Collectivité assume pleinement la charge, alors même que les compensations financières de l’État demeurent structurellement insuffisantes.
La Martinique supporte ainsi 894 € de dépenses d’aide à la personne par habitant, contre une moyenne nationale de 336 € pour les départements comparables. Cette situation est le reflet d’une inégalité de traitement que la CTM dénonce avec constance.
Un lourd héritage : 213,7 M € d’engagements
non financés à l’installation de l’Exécutif
La transparence commande de rappeler le point de départ. En juillet 2021, l’Exécutif a constaté 213,7 M € d’engagements non financés, soit 22 % des recettes totales de fonctionnement.
Face à l’ampleur de cette situation, la CTM a adressé en novembre 2022 un courrier formel au ministre délégué chargé des Comptes publics, demandant l’ouverture d’une inspection. Cette demande est restée sans réponse.
C’est donc en assumant pleinement ses responsabilités, que la CTM a engagé seule dès 2022 un effort de redressement méthodique.
Des mesures responsables
et structurantes déjà engagées
Cet effort s’est poursuivi et depuis 2025, un plan d’optimisation pluriannuel représentant près de 97 M € d’actions identifiées a été formalisé, dont plus de 63 M € déjà réalisés. Ce plan mobilise tous les leviers disponibles : maîtrise des dépenses, réaménagement de la dette, recours renforcé aux fonds européens et aux financements externes, optimisation du patrimoine et des moyens de fonctionnement. Le travail est engagé et se poursuit.
Une trajectoire tracée dans un contexte
qui reste exigeant
Les premiers effets de ces efforts sont mesurables. L’épargne brute de la Collectivité se redresse progressivement pour atteindre 110 M€ en 2030. Une capacité d’investissement de 800 M€ est maintenue sur la période, soit 160 M€ par an en moyenne, au service du développement de la Martinique.
La trajectoire dépend aussi de facteurs extérieurs, niveau de consommation, évolution des dotations nationales, contexte économique global, sur lesquels la Collectivité n’a pas de prise directe.
C’est précisément pourquoi la vigilance et la rigueur resteront les principes directeurs dans les années qui viennent, et la prospective sera régulièrement ajustée en fonction de l’évolution du contexte.
IL A DIT
« Nous avons choisi de regarder la situation en face et d’agir. Depuis des années, la Martinique porte seule le poids d’une solidarité que l’État compense insuffisamment, pendant que ses dotations s’effritent. Nous agissons, avec méthode et responsabilité. Le chemin est exigeant, nous ne le nions pas, mais il est tracé, et nous le tiendrons, pour la Martinique, avec les Martiniquais. »
Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de Martinique

























