Après avoir rencontré les Jeunes agriculteurs et les représentants de la filière canne-sucre-rhum, Victorin Lurel, sénateur de Guadeloupe, a tenu à tirer la sonnette d’alarme sur les menaces de réductions budgétaires que fait peser le Gouvernement sur les filières agricoles des Outre-mer.
Alors que ces coups de rabots d’à peine 24 millions d’euros sur les filières canne-sucre-rhum, banane et diversification sont anecdotiques pour le budget global de l’État, ils mettent gravement en péril toute l’agriculture ultramarine déjà confrontée à des difficultés structurelles, à des concurrences souvent déloyales, à des défis de mutations gigantesques et à des épisodes climatiques conjoncturels d’une rare intensité, dit-il.
« A l’heure où les enveloppes budgétaires entrent dans une dernière phase d’arbitrage, j’ai tenu, en tant que Rapporteur spécial des crédits du ministère de l’Agriculture, alimentation, forêt et affaires rurales, à fixer des lignes rouges pour ce prochain budget pour 2027 :
- Pour les filières de diversification : renouveler l’abondement de 5 millions d’euros pour la prise en charge d’une partie du coût du fret de l’alimentation animale via le Régime d’approvisionnement spécifique – RSA.
- Pour la filière sucre-canne-rhum : sanctuariser l’enveloppe nationale, négocier un nouveau rehaussement du plafond de l’aide nationale et sanctuariser voire indexer la prime bagasse sur l’inflation pour éviter une dépréciation des revenus des planteurs.
- Maintenir l’enveloppe destinée aux producteurs de banane.
- Aboutir à un renforcement du soutien accordé aux régions ultrapériphériques dans le prochain budget européen 2028-2034 à travers notamment la hausse voire le doublement du budget du POSEI et le rééquilibrage de sa répartition.
Enfin, j’ai tenu à alerter le Premier ministre sur les conséquences désastreuses en Guadeloupe de la vague de sécheresse qui frappe les cheptels, les cultures et les plantations. »
Il poursuit : « Saluant la mobilisation de l’État pour organiser le déblocage de 1,3 milliard d’euros en faveur des agriculteurs touchés par l’intense épisode de sécheresse, je souhaite que les Outre-mer puissent bénéficier des mêmes moyens que ceux déployés dans l’Hexagone et que le Gouvernement envisage une réponse plus structurelle face à ces évènements d’une intensité exceptionnelle qui tendent – hélas – à se répéter.
Agriculture, Lodeom, logement, aides aux collectivités, pouvoir d’achat, vie chère : en cette rentrée budgétaire, je reste sur tous les fronts pour défendre la Guadeloupe et les Outre-mer. »
Le courrier au Premier ministre :
























