La chambre régionale des comptes de Guyane a contrôlé les comptes de la commune Maripa-Soula. À l’issue de son contrôle, la chambre dresse les constats suivants.
Une commune enclavée : commune de 9 316 habitants du sud-ouest de ce territoire, accessible seulement par voie aérienne depuis Cayenne ou Saint-Laurent-du-Maroni ou après quatre jours de pirogue, la commune est bénéficiaire de financements extérieurs pour de multiples projets afin de redynamiser son centre bourg et de favoriser le développement agricole en réalisant, depuis 2019, plus de 28 M€ de dépenses d’équipement.
Cependant, l’organisation lacunaire des services, sans directeur général des services, directeur des finances, directeur des services techniques engendre des carences dans la gestion administrative et retarde la mise en œuvre de ces projets structurants. Cela conduit à une omniprésence du maire avec l’aide de cabinets de consultants dans les rouages de la gestion communale.
La gestion communale est donc fragilisée au risque de méconnaître les règles et principes de la commande publique. En effet, l’absence de délégation expresse accordée au maire par le conseil municipal pour signer tout marché ou convention est susceptible d’entraîner l’irrégularité de ces derniers.
Une situation financière fragile : l’organisation financière, fragmentée entre Matoury (mairie annexe) et Maripa-Soula, ne lui permet pas de sécuriser son circuit financier et comptable, puis de fiabiliser ses comptes. La commune ne dispose d’aucun inventaire fiable ni ne provisionne les risques juridiques et financiers alors qu’elle a l’obligation de le faire.
Les charges augmentant plus rapidement que les produits (6,2 % contre 4,6 % de croissance annuelle moyenne entre 2019 et 2024), depuis 2023, la commune n’est pas en mesure de dégager une capacité d’autofinancement nette (-1,27 M€ en 2024) nécessaire au financement de ses futurs investissements.
L’avis de la CRC :
























