Haïti. La réouverture des routes est la condition de base des élections, selon Antoine Michon

Les élections doivent se tenir dans un climat sécuritaire acceptable qui permette à une grande majorité d’y prendre part.

C’est ce qu’estime l’ambassadeur de France à Port-au-Prince Antoine Michon, lors d’un échange avec plusieurs médias en sa résidence le jeudi 30 juillet. Il a été interrogé sur la viabilité du calendrier électoral soumis par le CEP.

« Je n’ai pas lu dans le détail le document. Mais je crois que le CEP a conditionné l’organisation des élections à un climat sécuritaire acceptable. Je suis d’accord avec eux. Le pacte signé entre les partis politiques et le premier ministre définit le minimum de sécurité par la réouverture des axes routiers. C’est un bon indicateur, quoique pas suffisant, en termes de sécurité, pour l’organisation des élections », estime Antoine Michon.

Selon lui, l’indicateur de réouverture des routes est avant tout très pratique sur le plan logistique. « Une opération électorale de cette ampleur avec 4 scrutins requiert une énorme logistique. Et celle-ci passe par la route. La réouverture des routes est donc une condition de base si on veut faire des élections dans un coût raisonnable et sur l’ensemble du territoire.
Il faut envoyer du matériel électoral jusqu’à la dernière section communale. Et on ne pourra pas le faire par vol cargo puisque seul l’aéroport de Port-au-Prince peut accueillir ces gros avions », argue-t-il. 

Plus loin, l’ambassadeur de France a insisté sur la nécessité d’une plus grande participation des électeurs, notamment dans des zones à forte densité de population. « La réouverture des routes signifie aussi que les gens puissent circuler dans les quartiers aux abords. On parle de Martissant, de Carrefour, de Canaan, de Cité Soleil, de Croix des Bouquets, où il y a des populations électorales importantes. Quand les élections seront organisées, il faut que ce soit dans des conditions qui permettent le déploiement de la logistique électorale, la liberté pour les candidats de mener campagne sans contrainte des gangs et la possibilité pour les électeurs de voter librement. Soit on fait des élections pour 50 ou 60% de la population, qui soient influencées par les gangs, soit on le fait avec un contrôle suffisant de l’Etat sur le territoire permettant à une grande majorité de la population d’y prendre part », a fait remarquer le diplomate.

Antoine Michon estime envisageable un report de la date du premier tour. « Si en novembre, on voit que les conditions ne sont pas respectées, on peut repousser la date. Je pense que c’est cela l’esprit du communiqué du CEP », soutient-il.

Dans la foulée, l’ambassadeur de France qui est en fin de mission a salué des points positifs dans le décret électoral remanié par l’exécutif. À ce titre, il a énuméré  l’incitation pour les partis de se regrouper, le seuil de 30 000 membres exigé aux partis, le retrait des conseillers électoraux dans les Bureaux de contentieux, entre autres.

Source : Le Nouvelliste

Lien : https://lenouvelliste.com/article/270526/la-reouverture-des-routes-est-la-condition-de-base-des-elections-selon-antoine-michon

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