Lurel fait voter au Sénat un triplement des crédits pour la relance Outre-mer, mais…

L’ancien ministre des Outre-mer a conservé toute sa pugnacité. Photo DR

Victorin Lurel, sénateur de la Guadeloupe, suite à l’adoption de son amendement par le Sénat aujourd’hui permettrait, dit-il, d’ajouter 2,5 milliards en faveur des Outre-mer dans le cadre du Plan de relance.
« Cet amendement opère un quasi-triplement des crédits dévolus aux Outre-mer »,ajoute-t-il.
Cet amendement, voté par le Sénat, sera laminé par l’Assemblée nationale macroniste à la prochaine lecture.

« Grâce à une forte mobilisation de mes collègues de gauche et du centre, le Sénat a adopté un des amendements que j’ai eu l’honneur de porter au nom de mon groupe, inscrivant 2,5 milliards d’euros supplémentaires à destination des Outre-mer. »Ainsi s’exprime avec fierté Victorin Lurel, sénateur de la Guadeloupe.

On le sait : l’équipe au pouvoir n’est pas la tasse de thé de Victorin Lurel, ancien ministre de François Hollande. Mais un ancien ministre qui connaît ses dossiers, les dossiers des Outre-mer dont il a été en charge. Et puis, Victorin Lurel sait lire un budget. Idem pour un plan de relance…

Victorin Lurel n’est pas tendre. C’est son droit, il est dans l’opposition.

Que dit-il ? « Alors que le budget du ministère des Outre-mer n’augmentait que trop faiblement pour 2021 et que seul 1,5 milliard d’euros était prétendument fléché par le Gouvernement dans le cadre du Plan de relance en faveur des Outre-mer, le Sénat adresse ce soir un signal budgétaire considérable. »

« Connaîtra-t-on véritablement la liste des financements de projets refusés par le ministère et le préfet chargés de les avaliser ? »

Victorin Lurel

On imagine bien que ce ton veut dire que Victorin Lurel et quelques autres ont bataillé dur. Au Sénat mais aussi sur le terrain, sur son terrain, en Guadeloupe.

« Depuis maintenant plusieurs semaines et au gré des réunions organisées en local pour présenter la déclinaison du plan de relance en Guadeloupe, je ne cesse d’interroger les pouvoirs publics sur la répartition et la réalité des crédits qui seront alloués à l’archipel pour les 2 prochaines années.

Sur les 135 millions annoncés pour la Guadeloupe pour 2021 et 2022, combien constituent réellement de « l’argent frais » ? Comment croire que ces appels à projets seront véritablement financés lorsque l’on connait les blocages de l’État pour engager ces crédits et leurs sous-consommations chroniques ? Connaîtra-t-on véritablement la liste des financements de projets refusés par le ministère et le préfet chargés de les avaliser ? Comment comprendre, par exemple, que le financement de la réfection des réseaux d’eau ne bénéficie que de 10 millions supplémentaires l’an prochain ? »Des interrogations à la limite de l’accusation. En tout cas, il y a une incrédulité, il y a une méfiance de la part du cacique socialiste. Cacique mais véyatif !

Il poursuit : « Si le Gouvernement avait réellement souhaité donner des armes aux territoires pour se relever de cette crise et investir pour l’avenir, il aurait dû et pourrait encore revaloriser les Contrats de Convergence et de Transformation au lieu de passer par des émargements diffus au sein du plan de relance national. »

Parler dans un désert…

Malheureusement, si le Sénat est, avec les forces de gauche et la droite non macronistes, majoritairement dans l’opposition, l’Assemblée nationale a le dernier mot. Qui fait voter un amendement au Sénat le voit retoquer, laminer à l’Assemblée nationale où les macronistes sont majoritaires.

 « Si nous ne nous faisons guère d’illusion sur le sort que réserveront les députés LREM/MODEM à cet amendement, ce vote de 2,5 milliards supplémentaires prouve combien le Sénat porte une attention particulière au redressement de nos territoires. Cet amendement montre surtout le chemin que le Gouvernement aurait dû emprunter s’il avait eu à cœur de maintenir l’ambition d’égalité réelle pour les Outre-mer que nous avons unanimement portée en 2017. »

Mais, les macronistes sont peu sensibles aux sirènes de l’Outre-mer.

André-Jean VIDAL

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