La Montagne Pelée est un volcan actif de type explosif ayant connu de nombreuses éruptions magmatiques et phréatiques par le passé.
Depuis la fin de la dernière éruption magmatique en 1932, qui a été associée à la mise en place d’un dôme de lave, son activité a décru de manière significative jusqu’à l’arrêt de l’activité fumerolienne depuis 1970 et une activité sismique globalement très faible.
Depuis avril 2019, l’activité sismique d’origine volcanique est passée au-dessus de son niveau de base établi à partir des observations instrumentales continues des années précédentes. Cette nouvelle activité se caractérise à la fois par de nombreux séismes volcano-tectoniques de faible énergie, pour la plupart superficiels, par l’apparition de signaux sismiques de type trémor et longue-période superficiels, témoignant de mouvements de fluides en surpression dans le système hydrothermal, et par quelques séismes hybrides et longue-période profonds (localisés entre 15 et 40 km de profondeur dans les environs de l’édifice volcanique) pouvant indiquer des circulations de fluides magmatiques en profondeur.
Les zones de végétation dégradée sur le flanc sud-ouest de la Montagne Pelée observées depuis 2019, témoignent d’un dégazage diffus de CO2 par le sol. Une zone de dégazage en mer (présence de bulles de CO2 à faible température) au nord de Saint-Pierre est surveillée en partenariat avec le Parc Naturel Marin de Martinique afin de suivre l’évolution de ce phénomène en relation éventuelle avec l’activité du volcan.
Principalement entre 2021 et 2023, les déformations de l’édifice mesurées par le réseau de capteurs GNSS ont indiqué un faible gonflement pouvant être interprété par une source superficielle de légère pressurisation localisée sous la partie sommitale de la Montagne Pelée.
Cette source pourrait être engendrée par la remontée de volumes limités de fluides hydrothermaux et/ou magmatiques (gaz, eaux hydrothermales) dans l’édifice volcanique depuis les profondeurs du système magmatique. L’ensemble de ces observations reflète une
réactivation du système volcanique qui est toujours en cours en décembre 2025, bien que présentant des fluctuations dans les observations au fil des mois.
Au mois de décembre 2025, l’activité sismique d’origine volcanique a diminué par rapport aux derniers mois qui avaient été marqués par une intense activité en particulier en septembre et octobre 2025. Malgré tout, la sismicité volcano-tectonique est restée significativement supérieure au niveau de base et quelques séismes superficiels et profonds de type longue-période et hybride ont continué à se produire.
L’énergie sismique libérée par l’ensemble des séismes d’origine volcanique a également diminué par rapport aux trois mois précédents et aucun séisme d’origine volcanique n’a été ressenti par la population. Les déformations de l’édifice restent faibles mais un léger signal d’inflation est désormais visible au niveau de la zone sommitale.
La température et l’acidité (pH) des sources thermales de l’édifice ne montrent aucune variation significative. Rappelons que lors des phases de réactivation volcanique, des périodes de plus forte activité, sismique notamment, alternent souvent avec des phases d’activité plus réduite.
La probabilité d’une activité éruptive à court terme reste faible. Cependant, compte tenu de l’ensemble des observations collectées depuis fin 2018 et de leur nature, et sur la base des observations de l’OVSM-IPGP enregistrées au cours du mois de décembre 2025 et résumées dans ce bulletin, nous ne pouvons exclure une évolution de la situation à moyen terme (semaines, mois, années – voir tableau en annexe).
En accord avec les dispositions prévues par les autorités, le niveau d’alerte est actuellement : JAUNE = VIGILANCE
























