Musique. Jowee Omicil : « Haïti, c’est un éventail de richesses ! »

Temps fort du début d’année, Fenêtre(s) sur Haïti, organisé par Tropiques Atrium, reçoit le saxophoniste, multi-instrumentiste, compositeur, improvisateur, Jowee Omicil pour un concert unique.

Comment avez-vous accueilli l’invitation de Tropiques Atrium à participer à Fenêtre(s) sur Haïti en Martinique ?

Jowee Omicil, musicien : C’est un privilège, un honneur de pouvoir refléter sur la fenêtre d’Haïti. Haïti nous a amené la souveraineté, à être un peuple souverain. Haïti est le premier empire de l’homme noir à s’être libéré de l’emprise du « malfaiteur ».

C’est un honneur de représenter la culture haïtienne qui est très riche. Elle nous a donné des grands noms en littérature : Louis-Philippe Dalembert, Edwige Danticat, Dany Laferrière, pour ceux qui sont vivants, mais aussi sur le plan artistique ! Il y a ceux qui sont décédés, mais toujours présents, comme Jean-Michel Basquiat, et des peintres magnifiques comme Jude Papaloko. Haïti, c’est un éventail de richesses, y compris dans l’art culinaire qui me fascine. En musique, Haïti est la terre du kompa, mais nous avons aussi d’autres rythmes, d’autres rituels… Cela me fait vraiment plaisir d’être dans cette Fenêtre(s) sur Haïti !

En tant que « citoyen du monde », vous retournez souvent en Haïti ?

C’est vrai que je ne suis basé nulle part, mais partout ! Je suis un nomade. On nous a mis des barrières, mais nous sommes des êtres vivants, citoyens de cette Terre. Je prône l’unité, la globalisation, mais je suis fier de dire que je suis Haïtien, né à Montréal.

Cette année, en janvier, je devais participer au Festival de jazz de Port-au-Prince, le Papjazz, mais j’ai eu des obligations. Je m’y rendrai l’année prochaine : c’est un festival incroyable !

Je ne suis pas retourné en Haïti depuis plusieurs années ! Dans mon cœur, cela fait longtemps que j’ai envie de retourner en Haïti. Mais, je suis en Martinique et cela me fait chaud au cœur ! Je vais retrouver « mes gens », je vais recevoir de l’amour ! J’anticipe déjà l’accueil, la rencontre avec des Haïtiens en Martinique.

Vous présenterez votre nouvel opus, sMILes. Une prestation à Fort-de-France qui s’inscrit dans un programme assez intense, en ce début d’année…

Oui… La Martinique sera ma cinquième performance depuis le début de l’année, après le Moods de Zurich, le Liechtenstein, Vienne, le Studio 104 de la Maison de la radio, à Paris.

La Martinique pour moi, c’est « la maison » : je viens avec « la famille » ! Je serai accompagné du BasH Band.

Il y aura Jendah Manga, du Cameroun, à la basse, Jonathan Jurion, de la Guadeloupe, au piano, un autre Guadeloupéen, Yoann Danier, à la batterie et un deuxième batteur, Ronny Desinors qui vient d’Haïti… et peut-être des surprises. On verra !

Sur scène, vous jouez de plusieurs instruments (saxophone, clarinette, flûte…) avec une énergie qui ne laisse pas le public indifférent. D’où est venu le déclic pour la musique ?

De mon papa. Il a eu une brillante idée. À 15 ans, je jouais au ping-pong, j’aimais le basket-ball, je jouais au baseball, au hockey… Et, pour mon père, tout cela ne mènerait à rien et il avait raison. Surtout que je jouais beaucoup aux jeux vidéo ! Et, un samedi, sans prévenir, il nous a amenés, mon petit frère et moi, à l’école de musique. Le reste appartient à l’histoire : je tombe amoureux de la musique et j’ai remplacé les jeux vidéo par le saxophone !

« La Martinique pour moi, c’est « la maison » : je viens avec « la famille » ! » (Photo : Fabian Kasten)

Qu’accomplit-on en devenant champion de jeux vidéo ? Avec la musique, je donne du plaisir à tout le monde. Sur scène, je me donne corps et âme. Je suis animé par la vie.

Quand on arrive sur scène, le public a juste envie de se sentir bien ! Il ne vient pas pour que l’artiste le rende triste : ils veulent être « guéris » ! Le témoignage d’un spectateur, un jour, m’a beaucoup touché en me disant : « Tu m’as donné la joie de vivre ! »

Si on ne se donne pas corps et âme, comment accomplir cette mission ? Je dis souvent que nous attendons la terre promise, mais le paradis, c’est maintenant : il est en nous ! Grâce à la musique, je diffuse de bonnes vibrations !

Après la Martinique, où vous mènera la tournée sMILes ?

Ce sera très cool ! Nous irons à Montréal pour une émission à Radio Canada. Puis, nous partirons à New York pour un show à WDNA, la radio jazz de New York. Ensuite, j’animerai des masterclass à Berklee College of Music, où j’ai étudié. Après un nouveau passage à Montréal, je partirai en Europe : à Bucarest, en Roumanie, à Hambourg, Berlin, Munich, Londres…

Propos recueillis par Cécilia Larney

Fort-de-France, Tropiques Atrium. Samedi 17 janvier à 19 h 30. Tél. 05 96 70 79 29 – www.tropiques-atrium.fr.

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