À l’occasion de son déplacement en Guyane du 3 au 5 août, David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, a présenté les premières mesures territoriales du plan Douane 2030.
Face à l’intensification du narcotrafic et à l’évolution des flux commerciaux, la Douane bénéficiera en Guyane, en Guadeloupe et en Martinique d’un renforcement de ses moyens humains, technologiques et matériels, afin de conforter son rôle de première ligne dans la protection des frontières nationales et européennes.
Présenté le 2 juillet dernier à Bercy, le plan Douane 2030 constitue la feuille de route stratégique de la douane pour les prochaines années.
Il prévoit notamment 545 créations nettes d’emplois d’ici 2030, dont 200 dès 2027, le déploiement de 25 scanners fixes et mobiles supplémentaires, la création de 42 pôles régionaux d’investigation, ainsi qu’un renforcement des capacités de renseignement, des outils numériques et des moyens technologiques mis à disposition des douaniers.
Quelques semaines après cette présentation, David Amiel a choisi la Guyane pour annoncer les premières déclinaisons de ce plan. Frontière extérieure de l’Union européenne, porte d’entrée du continent sudaméricain, plus longue frontière terrestre de France et territoire confronté à une pression des organisations criminelles qui y adaptent en permanence leurs modes opératoires, la Guyane constitue en effet un enjeu majeur pour la Douane.
Pour répondre à ces défis :
• 4 scanners mobiles supplémentaires seront déployés en outre-mer dès 2027 afin d’équiper les ports de Guyane, des Antilles (Martinique et Guadeloupe) et de la Réunion ;
• 15 douaniers supplémentaires viendront renforcer les effectifs dans chacun de ces territoires pour accompagner ce déploiement, soit une hausse de près de 10% des effectifs de la Douane en Guyane ;
• les capacités aéromaritimes seront renforcées dans le bassin Antilles-Guyane, avec la location d’un avion Beechcraft.
Cette montée en gamme technologique et ce renforcement de la présence douanières permettront d’intensifier la lutte contre les différents trafics, au premier rang desquels le narcotrafic.
Au cours de son déplacement, David Amiel est allé à la rencontre des douanières et des douaniers mobilisés quotidiennement sur le terrain. Après une présentation du dispositif 100% contrôles à l’aéroport Félix Eboué, il s’est rendu au port de Dégrad-dès-Cannes pour inaugurer les nouveaux locaux du pôle opérationnel qui accueille 50 agents des douanes et assister à une démonstration des capacités du scanner mobile déployé sur le port.
Les scanners mobiles permettent de s’assurer rapidement (environ 2 minutes pour scanner un moyen de transport) de la conformité du chargement aux déclarations du transporteur. Par ailleurs, ces scanners renforcent les capacités de contrôles sur certains moyens de transport et sur certaines marchandises comme les matières dangereuses.
Il s’est également rendu au sein de la brigade de Saint-Laurent-du-Maroni pour aller à la rencontre des agents engagés dans la surveillance de cette frontière avec le Suriname.
Depuis fin 2024, des opérations de contrôles inter-administrations (PAF/Douane/Gendarmerie) des flux en provenance du Suriname par le fleuve Maroni sont réalisées plusieurs fois par semaine sous l’impulsion des services de la Police aux Frontières de Saint-Laurent-du-Maroni. Lors de ces opérations, les agents des douanes de la BSE de Saint-Laurent du Maroni contrôlent les marchandises et les bagages.
Depuis le début de ces opérations la Douane a relevé 115 infractions en matière de stupéfiants (5kg de cocaïne, 4 kg de résine de cannabis), 2 infractions financières (49 000 €) et saisi près de 140 kg de tabacs ainsi que 49 spécimens au titre de la convention de Washington. La douane a également saisi 600 grammes d’or issu de l’orpaillage illégal.
David Amiel a déclaré : « La Guyane est l’un des territoires français les plus exposés aux trafics internationaux et en particulier au narcotrafic. Pour faire face à ces organisations criminelles, nous devons donner aux douaniers les moyens d’agir. C’est tout le sens des premières déclinaisons du plan Douane 2030 que nous engageons aujourd’hui : davantage d’effectifs, des équipements modernisés et des capacités d’investigation renforcées afin de protéger durablement les Français et les frontières de notre pays ».
En 2025, plus de 108 tonnes de stupéfiants ont été saisies par la Douane sur le territoire national pour une valeur estimée à 2,1 milliards d’euros.
Les services douaniers ont intercepté près de 31 tonnes de cocaïne (+ 49%) et 67 tonnes de cannabis.
En Guyane, les douaniers ont saisi 466 kg de cocaïne, 70 kg de cannabis et 1 213 kg de tabac sur l’année 2025.























