Politique. L’Assemblée nationale entérine la restitution à la Guyane des restes de six Amérindiens exhibés dans des zoos humains

En 1892, 33 Amérindiens étaient emmenés par paquebot vers l’Hexagone et exhibés vivants dans des zoos humains au Jardin d’acclimatation, à Paris. Huit d’entre eux devaient en mourir.

Lundi 15 juin, l’Assemble nationale a approuvé la restitution à la Guyane des restes des six Amérindiens conservés au Muséum d’histoire naturelle, plus de 130 ans après leur mort.

L’Assemblée nationale a voté à l’unanimité cette proposition de loi transpartisane, déjà adoptée au Sénat et soutenue par le gouvernement, qui veut « réparer une injustice vieille de plus d’un siècle », en permettant qu’ils soient inhumés sur leur terre natale, explique son rapporteur, le député de Guyane Jean-Victor Castor.

Il s’agit de l’une « des pages les plus sombres de l’histoire coloniale française », a-t-il dit, s’exprimant devant une délégation guyanaise présente dans les tribunes de l’Assemblée nationale.

Réaction de Gabriel Serville, président de la Collectivité Territoriale de Guyane :

« C’est avec une vive émotion que nous avons assisté à l’adoption définitive et à l’unanimité par l’Assemblée nationale de la proposition de loi relative à la sortie des collections publiques des restes humains Kali’na et Arawaks conservés depuis 1892 au Musée de l’Homme, en vue de leur retour en Guyane et de leur inhumation.

Cette décision historique marque l’aboutissement d’un long combat porté avec détermination par les familles, les autorités coutumières, les associations, les chercheurs et l’ensemble des acteurs mobilisés pour la reconnaissance de cette mémoire blessée.

Je tiens à saluer tout particulièrement l’engagement exemplaire de Corinne Toka-Devilliers, descendante de Moliko, l’une des Kali’na exhibées à Paris lors des « zoos humains » de 1892.

Depuis cinq ans, elle mène avec courage, dignité et persévérance ce combat pour la vérité, la mémoire et la justice. Son action a permis de faire entendre la voix des familles et de porter cette revendication légitime jusqu’à son aboutissement.

La Collectivité Territoriale de Guyane a été aux côtés des familles tout au long de cette démarche, convaincue de la nécessité de réparer une injustice historique et de rendre à ces hommes, ces femmes et ces enfants la dignité qui leur a été trop longtemps refusée.

Nous remercions l’ensemble des parlementaires qui ont soutenu ce texte, ainsi que toutes celles et tous ceux qui ont contribué à ce processus de réparation.

Cette restitution permettra aux familles de faire leur deuil, de renouer avec leur histoire et d’offrir à leurs ancêtres le repos qu’ils méritent. »

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