Portrait. Josy-Anne Melyon-Martens, une femme de pouvoir au service de l’école guadeloupéenne

Fanm é Nonm ki fè Gwadloup sé Gwadloup…

Elle le dit elle-même, sans détour : elle est une « femme de pouvoir ». Non parce qu’elle collectionne les titres, mais parce qu’elle considère le pouvoir comme un moyen d’agir.

Née Josy-Anne Mélyon, connue au fil de sa vie sous les noms de Leboucher, Arékian puis Melyon-Martens, elle commence sa carrière comme professeure de lettres-histoire au collège de Trith-Saint-Léger, dans le nord de la France. Elle choisit ensuite de rentrer au pays et enseigne en lycée professionnel au Moule.

Elle y milite au SGEG, le Syndicat général de l’Éducation en Guadeloupe. Son engagement porte déjà une conviction : l’école doit répondre aux réalités guadeloupéennes et permettre aux jeunes du pays de construire leur avenir chez eux.

En 1994, elle se classe 25e sur 800 candidats au concours national des personnels de direction et devient major de l’académie Antilles-Guyane. Elle est ensuite nommée principale adjointe du collège Eugène-Yssap à Sainte-Anne, avant de rejoindre le rectorat comme chargée de mission pour la formation continue des personnels, puis comme proviseure vie scolaire au sein du cabinet du recteur.

Elle en devient directrice et assure, pendant treize ans, une continuité rare auprès de cinq recteurs successifs : Jean-Pierre Chardon, Serge Guinchard, Alain Miossec, Laurent Dever et Stephan Martens.

Mais, son parcours ne se résume pas à cette longévité. Josy-Anne Arékian agit pour que davantage de Guadeloupéens accèdent aux responsabilités. Elle participe à la création d’une préparation au concours des personnels de direction, encourage l’accès aux postes d’encadrement supérieur et travaille à renforcer la cohésion entre les cadres de l’académie.

Elle crée également Cosmopolite, une association réunissant en Guadeloupe les directeurs de cabinet de la préfecture, des sous-préfectures, des collectivités et des mairies, afin de faciliter la communication entre les institutions du territoire.

Elle défend par ailleurs la place du créole, non comme un élément décoratif ou identitaire, mais comme une langue pouvant contribuer aux apprentissages et à la réussite des élèves. Après ses fonctions de directrice de cabinet, elle poursuit son engagement dans le domaine de la citoyenneté et continue de réfléchir à l’avenir de l’école en Guadeloupe.

Chevalière de la Légion d’honneur depuis 2007 et commandeure des Palmes académiques, elle a mené son parcours avec un caractère affirmé qui ne lui a pas valu que des soutiens. Elle ne l’a jamais caché. En 2014, face aux attaques qu’elle estimait marquées par le racisme et le machisme, elle écrivait :

« Une femme de pouvoir, celle que j’ai été, celle que l’on a longtemps crainte et celle que je demeurerai. »

Josy-Anne Melyon-Martens appartient à ces femmes qui ont fait la Guadeloupe de l’intérieur. Elle a travaillé au sein des établissements scolaires du pays puis, à un autre niveau, à leur service, en sachant coopérer avec les syndicats et les institutions. Une femme qui a exercé le pouvoir, mais qui a surtout cherché à ouvrir le chemin pour que d’autres Guadeloupéens puissent, à leur tour, occuper les lieux où se prennent les décisions.

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