Souveraineté alimentaire : les Etats de la Caraïbe veulent des actes

Après Montserrat, l’archipel de Saint-Kitts-et-Nevis préside le Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) avec une priorité : passer du dialogue politique à l’exécution en matière de souveraineté alimentaire.

Le Conseil des ministres de l’Agriculture de l’Organisation des États de la Caraïbe orientale (OECO) a convoqué sa troisième réunion extraordinaire en Jamaïque. Parmi les priorités : accélérer les initiatives régionales de sécurité alimentaire et passer de manière décisive du dialogue politique à l’exécution.

Organisée en marge de la Semaine de l’agriculture caribéenne 2026, cette réunion de haut niveau a marqué le transfert officiel de la présidence du Conseil des ministres de l’Agriculture de Montserrat à Saint-Kitts-et-Nevis, tout en établissant des échéances strictes pour éliminer le déficit de mise en œuvre agricole dans la région et approfondir les partenariats stratégiques avec les institutions régionales clés.

Directeur général de l’OECO, le Dr Didacus Jules, a souligné la nécessité existentielle de l’autonomie alimentaire dans un contexte de volatilité croissante du commerce mondial et de chocs économiques externes. « Une nation peut reporter une réforme constitutionnelle ou différer la construction d’une autoroute. Elle ne peut pas reporter son dîner, a déclaré le Dr Jules. La souveraineté alimentaire n’est pas une vue de l’esprit ; c’est le droit et la capacité de décider de ce que nous cultivons, de ce que nous mangeons et des conditions dans lesquelles nous commerçons. Le monde s’est accéléré plus vite que notre rythme d’exécution, et notre plus grande vulnérabilité demeure notre déficit de mise en œuvre. »

Identifier et éliminer les obstacles

Pour combler ce déficit, le Dr Jules a esquissé cinq réorientations stratégiques pour la Stratégie de transformation des systèmes alimentaires et agricoles de l’OECO (FAST) :

  • passer des examens politiques à des échéances décisionnelles fermes
  • mobiliser le pouvoir d’achat collectif
  • établir des couloirs de transport maritime régional dédiés
  • harmoniser les normes agricoles et sanitaires
  • protéger les ressources de production fondamentales : les semences, les sols, l’eau et les pollinisateurs.

Le président sortant, l’honorable John P. Osbourne, ministre de l’Agriculture, des Terres, du Logement, de l’Environnement, de la Jeunesse et des Sports de Montserrat, a mis en avant les priorités de son action, notamment la résilience hydrique, les infrastructures intelligentes face au climat, l’agriculture sous serre et la logistique commerciale inter-îles permettant aux initiatives privées de transport maritime de transporter à la fois des passagers et des produits agricoles.

En s’attaquant aux goulots d’étranglement réglementaires, en éliminant les obstacles au commerce et en dotant les acteurs de compétences modernes en matière d’élaboration de politiques et de négociation, ce projet établit une voie durable vers une compétitivité économique accrue et une intégration régionale plus profonde.

Prenant la présidence du Conseil, l’honorable Samal Duggins, ministre de l’Agriculture, des Ressources halieutiques et marines de Saint-Kitts-et-Nevis, s’est engagé à mener un mandat axé sur les résultats, concentré sur l’élimination des obstacles au commerce intra-régional, l’élargissement des partenariats avec l’Afrique et l’Amérique du Sud, et le positionnement des jeunes et des femmes comme principaux acteurs de la modernisation agricole.

Parmi les décisions clés adoptées lors de la réunion, le Conseil a fixé un délai strict de 30 jours aux États membres pour finaliser leurs observations sur le projet de politique d’apiculture de l’OECO afin de préserver les populations d’abeilles et les écosystèmes régionaux.

Les ministres ont également approuvé les progrès réalisés dans le cadre du programme du 11e FED Right pour établir un registre numérique opérationnel des petits transporteurs maritimes (caboteurs), appuyé le déploiement d’un cadre d’assurance risques pour l’agriculture et la pêche de l’OECO, et soutenu l’élargissement de la collaboration multi-États sur la gestion des sargasses, la production de « seamoss » et les chaînes de valeur des plantes racines.

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