« En ma qualité de Président du Conseil d’Administration d’Air Antilles, je m’adresse directement à vous afin de vous informer, avec transparence, respect et responsabilité de la situation que traverse aujourd’hui notre compagnie. »

C’est un courrier circulaire de Louis Mussington, président de la Collectivité de Saint-Martin, qui a été envoyé aux salariés de la compagnie aérienne et rendu public.
Que dit Louis Mussington ?
« Je tiens tout d’abord à saluer le professionnalisme et la solidarité dont vous avez fait preuve, individuellement et collectivement, dans un contexte devenu particulièrement exigeant. Votre mobilisation a été constante et exemplaire.
L’interruption anticipée de nos opérations est intervenue à la suite de la suspension du Certificat de Transporteur Aérien (CTA) le 8 décembre 2025, puis de la Licence de Transport Aérien (LTA) le 9 décembre 2025, en pleine saison haute. Ces décisions ont entraîné un arrêt immédiat de l’activité, privant brutalement la compagnie de ses revenus et rendant impossible la poursuite des discussions engagées avec des investisseurs pourtant essentiels à la continuité de l’entreprise. »
Le constat est dur : « Malgré l’ensemble des démarches entreprises et les efforts considérables déployés par les équipes, la situation financière de la société ne permet plus de faire face à ses engagements. »
La suite l’est tout autant : « C’est donc avec beaucoup de regret, mais aussi avec le sens des responsabilités qui s’impose à ma fonction, que j’ai procédé au dépôt d’une Déclaration de Cessation de Paiements (DCP) auprès du Tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre, conformément aux obligations légales. »
Les dernières phrases de Louis Mussington sont tout autant difficiles.
« Je mesure pleinement l’inquiétude et les interrogations que cette annonce va susciter. Je tiens à vous assurer que cette décision ne remet en aucun cas en cause la valeur de votre travail, votre implication ni votre attachement à Air Antilles. Vous avez porté cette compagnie avec sérieux et dignité jusqu’au bout. »
Ne reste plus qu’à soutenir des salariés désormais potentiels chômeurs : « Avec les actionnaires et les équipes de direction, je reste pleinement mobilisé pour accompagner cette procédure avec humanité et responsabilité, dans le souci constant de préserver au mieux les intérêts des salariés et d’examiner toutes les options possibles pour l’avenir.
Je vous remercie sincèrement pour votre l’engagement dans cette période particulièrement difficile. »
Jeudi, le tribunal de commerce de Pointe-à-Pitre statuera définitivement.
Daniel Gibbs, opposant, ancien président de la Collectivité, a rappelé que « si l’intention d’éviter qu’Air Antilles ne disparaisse était bonne, on n’a pas écouté ses mises en garde successives au fil des mois… » Il a aussi dit : « C’est une responsabilité pleine et entière de la majorité et de l’exécutif. Si on ne trouve pas une solution de reprise, ce sont 20 millions qui sont passés par la fenêtre… »
























