Guadeloupe. Eau : « On a en six mois progressé plus que dans les 20 dernières années ! » s’écrie Jean-François Carenco

Le ministre délégué chargé des Outre-mer, Jean-François Carenco, était aux Antilles jusqu’à hier soir pour un déplacement dédié à la lutte contre la pollution due au chlordécone. Il a ainsi fait droit à l’esprit de suite puisqu’il y a trois mois il avait promis de revenir pour ce dossier délicat. Il a aussi, en Guadeloupe, parlé d’eau… « L’Etat fera son devoir, on ne manque pas d’argent… »

En Martinique, le ministre délégué a signé avec les éleveurs une convention de soutien. En Guadeloupe, il signera une convention analogue dans quelques jours, relayé par le préfet Xavier Lefort.

C’est à Capesterre Belle-Eau, qu’il affectionne particulièrement puisqu’il y vient à chaque visite, que s’est déroulée, hier après-midi, une visite en deux temps, après un bref passage à Pointe-Noire pour l’inauguration d’un centre intercommunal (voir plus bas).

Jean-Philippe Courtois, maire de Capesterre Belle-Eau :

Deux temps à Capesterre Belle-Eau, accueilli par Jean-Philippe Courtois qu’il connait bien et apprécie pour son sérieux : tout d’abord signature avec le président du SMGEAG (eau et assainissement), Jean-Louis Francisque, pour conforter les finances de ce tout jeune et dynamique syndicat. L’Etat paiera, entre autres, le charbon qui constitue les filtres qui retiennent chlordécone et autres saletés qui polluent plus ou moins l’eau.

Ces charbons sont vendus à prix exorbitant multiplié par deux depuis la guerre en Ukraine. Il semble que ces charbons soient fabriqués en Ukraine ou en Chine… Bref, il doit y avoir, tout le long de la chaîne des intermédiaires qui s’en mettent plein les poches. Et le SMGEAG paie. Désormais, l’Etat va aider.

L’Etat va prendre en charge, de façon exceptionnelle et dérogatoire, le surcoût du traitement de l’eau potable engendré par la pollution à la chlordécone, dans les 7 stations où ce traitement est nécessaire (six en Guadeloupe et une en Martinique).

Eau : « On est en train de réussir ! »

C’est ce qu’a dit Jean-François Carenco, avant de signer le document qui va bien soulager le SMGEAG. Il a aussi dit qu’il fallait cesser de raconter n’importe quoi sur la qualité de l’eau.

Jean-François Carenco, pédagogue :

Le ministre délégué a profité de l’occasion pour rappeler que l’aide apportée au SMGEAG pour les trois ans à venir était de 370 millions. Belle somme ! il manque une cinquantaine de millions mais, dit-il, « Ce n’est pas grand-chose. »

Jean-François Carenco, offensif :

« Quand on s’y met tous, ça va plus vite. » Le ministre faisait allusion à cette collaboration financière hardie qui unit Etat, Région, Département et SMGEAG sur le dossier de l’eau et de l’assainissement.

Jean-Louis Francisque a dit l’importance de ce soutien de l’Etat et des collectivités majeures :

Une fois cette signature apposée, le ministre a eu une réunion de travail avec les élus. Il a annoncé que dans le plan Chlordécone qu’il a concocté, quatre nouvelles mesures seront prises en charge par l’État.

Dossier Chlordécone : quatre mesures d’importance

Outre la mesure objet de la signature avec Jean-Louis Francisque, il s’agit de financer une aide aux éleveurs de bovins touchés par la pollution à la chlordécone et les aider à sécuriser leur production.

Mais aussi simplifier et prolonger l’aide financière aux pêcheurs impactés par la chlordécone jusque fin 2027.

Et encore doubler l’effort sur la recherche et l’innovation à horizon 2030, dans tous les domaines, notamment sur la santé de la femme et des enfants, la dépollution des sols et l’expérimentation en grandeur nature des découvertes des chercheurs.

Quatre mesures déjà engagées seront
quant à elles renforcées, en priorité

Tout d’abord prévenir et réduire l’exposition des femmes et des enfants à la chlordécone grâce à une information renforcée et un suivi personnalisé.

Et puis, simplifier et faciliter le recours au fonds d’indemnisation des victimes de pesticides.
Encore, proposer l’analyse gratuite des œufs de volaille, dans le cadre du programme Jardin familiaux (JaFa).
Enfin, agir ensemble avec les élus et les acteurs du monde associatif. Porter collectivement des initiatives pour « aller vers » les personnes les plus vulnérables

« Ces mesures sont une nouvelle preuve de notre détermination sur ce sujet et de la volonté de l’État de réparer par l’action », a dit le ministre avant de quitter Capesterre Belle-Eau pour le Grand Port maritime de la Guadeloupe (GPMG) où il a été reçu par Marie-Luce Penchard, vice-présidente de la Région, présidente du Conseil de surveillance du GPMG.

André-Jean VIDAL
aj.vidal@karibinfo.com

A Pointe-Noire

Le ministre a inauguré, à Pointe-Noire, en présence de Guy Losbar, président de la CANBT, Jean-Philippe Courtois, premier vice-président du Conseil départemental, Ary Chalus, président du Conseil régional, Camille Elisabeth, maire, le centre intercommunal du nord Basse-Terre. Volet culturel de cette visite, moment que le ministre affectionne. La culture est sa passion.

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