Hier matin, les passants du bas-du-bourg, à Basse-Terre ont pu constater qu’il ne reste que gravats de l’ancien Cinéma Tivoli. Un pan d’histoire du cinéma local qui disparaît.
Un pan de l’histoire de la Culture et de la Vie à Basse-Terre est parti en fumée dans la nuit du 21 au 22 mai 2020. Ce qui restait de l’ancien Cinéma Tivoli, implanté au cœur du quartier du Bas-du-bourg était la proie des flammes.
L’incendie assez vite maîtrisé, tout de même, par les soldats du feu. du cinéma, déjà bien abîmé, il ne restait plus grand-chose, de grands murs noircis par le feu, des fresques endommagées par les flammes et l’eau des sapeurs-pompiers.
Le 3 octobre 2024, le conseil municipal de Basse-Terre, présidé par le Dr André Atallah, maire, décidait de la mise en sécurité et du désamiantage de l’ancien cinéma.
Que disait André Atallaah ? « L’attractivité d’un territoire est profondément liée à la qualité et à la valorisation de son patrimoine. Il est impératif pour la Ville de Basse-Terre de prendre des mesures résolues pour traiter les sites menaçants et préserver la qualité de son cadre de vie.
L’ancien cinéma, situé au cœur du quartier historique du Bas du bourg, constitue une friche dangereuse en raison de son état de délabrement avance et de la présence confirmée d’amiante, engageant un risque significatif d’effondrement et de pollution sanitaire.
La préservation et la valorisation du patrimoine bâti sont essentielles pour renforcer l’identité locale et encourager la revitalisation urbaine.
En procédant à la mise en sécurité et au désamiantage de ce bâtiment emblématique, la municipalité réaffirme son engagement à offrir un environnement sûr et attrayant pour ses habitants et ses visiteurs.
La réhabilitation de cet espace permettra non seulement de sécuriser le site, mais aussi de libérer un espace stratégique pour de futurs projets d’aménagement. Cette action contribuera à l’amélioration de l’attrait économique du centre-ville en rendant le territoire plus accueillant et propice a de nouvelles opportunités, qu’elles soient commerciales, culturelles ou communautaires.
La réalisation de ce projet répond a une obligation réglementaire, visant à éliminer les risques liés à l’amiante conformément aux normes en vigueur. Cette action témoigne de la responsabilité de la municipalité en matière de santé publique et de gestion durable de son patrimoine. »
A l’invitation du Dr André Atallah, maire de Basse-Terre, le nouveau secrétaire général de la préfecture de Guadeloupe, Maurice Tubul, participait le 29 août 2022, à une rencontre de travail à la mairie du chef-lieu.
Bénéficiant du Dispositif COROM (COntrat de Redressement Outre-Mer), lauréate du programme Action Cœur de Ville, Basse-Terre était en travaux.
Parmi les sites visités, l’ancien Cinéma Tivoli.
Dans les années 1950
Dans cette analyse sur le cinéma en Guadeloupe dans les années 1950 il y a des informations importantes sur les habitudes des Guadeloupéens : 300 films projetés, 535 000 entrées !
« Les données statistiques, transmises au ministère de l’Intérieur pour une première enquête diligentée par le Centre national de la Cinématographie en 1954, nous apprennent notamment que la Guadeloupe est équipée de vingt cinémas dont huit permettent de diffuser des films au format standard (bobines de 35 mm). Plus de 300 films ont ainsi été projetés en 1952 et en 1953 dans ces cinémas totalisant plus de 535 000 entrées (nota : la population à l’époque est d’environ 230 000). L’enquête de 1957, menée par le ministère de l’Intérieur, nous en apprend davantage sur le circuit de distribution des films : trois grandes sociétés groupent les exploitants de cinéma par un système de location de films. La Société CINESOGAR exploite le ciné-théâtre « La Renaissance » de Pointe-à-Pître où elle reçoit ses films de Fort-de-France qu’elle loue ensuite aux exploitants de trois autres salles ; la Société d’expansion cinématographique aux Antilles dont les siège est à la Martinique qui exploite le « Plazza » de Pointe-à-Pître et le « Tivoli » de Basse-Terre et qui adresse ensuite les films projetés dans ces deux principaux cinémas aux exploitants de neuf autres petites salles ; le Cinéma d’Arbaud achète en partie ses films qui sont ensuite diffusés dans deux autres petites salles. Dans les années 1950, Le cinéma n’est pas qu’une affaire commerciale dans la mesure où deux principaux cinéclubs l’un à Pointe-à-Pître (composé de 700 membres), et un second à Basse-Terre (composé de 600 membres) projettent tous les deux dans une salle de la mairie, à hauteur de 6 séances par mois en moyenne, principalement des films instructifs, sur l’éducation de la jeunesse. »
Source : Archives Départementales de Guadeloupe
























