Le premier tour des municipales 2026 sera le 15 mars, dans trois semaines. Si certaines communes devraient sans réelles difficultés réélire le sortant, il y a quand même quelques sacs de nœuds.
Baie-Mahault, Le Gosier, Pointe-à-Pitre, Sainte-Anne, Saint-Claude, Trois-Rivières, au premier chef devraient connaître des combats épiques. Petit Focus sur Marie-Galante où les surprises devraient être rares.
Baie-Mahault, c’est le fief d’Ary Chalus, ancien maire, mais aussi celui de Michel Mado, fils de Paul, ancien maire, auquel Ary Chalus avait succédé à la mort du précédent. Michel Mado, adjoint à la culture, soutenu par le GUSR, reviendrait bien au premier plan comme maire. C’est tout autant le fief de Sylvie Chammougon-Anno, fille d’un autre ancien maire, Edouard Chammougon, conseillère d’opposition et conseillère régionale, très active, de Péyi Gwadloup, le groupe PS.
Bref, une affaire de familles de… sur fond de mise en avant de Teddy Bernadotte. Un autre Baie-Mahaultien qui, depuis vingt ans, suit fidèlement Ary Chalus, comme directeur de cabinet à la mairie puis à la Région. Avant d’être plus discret comme conseiller du président. Mais, pas moins actif et créatif.
Le plan est simple : en attendant de connaître l’aboutissement des affaires judiciaires d’Ary Chalus qui risque l’inéligibilité, celui-ci conduit la liste et place son dauphin, Teddy Bernadotte pour la suite.
Et Hélène Polifonte, l’actuelle maire ? Elle s’efface purement et simplement.
Le Gosier, après la mort de Cédric Cornet, n’a plus jamais retrouvé sa tranquillité. Liliane Montout, puis Michel Hotin, ont occupé le siège de maire, sur fond de chikaya politique et judiciaire. Il y aurait une dizaine de prétendants à la succession de l’ancien maire, dont Michel Hotin, Liliane Montout, Patrice Pierre-Justin, Jocelyn Martial, soutenu par Gersiane Bondeau-Galas et Nicaise Jeanne, Jean-Claude Christophe, toujours présent, Patrick Gob, Sylvain Keeter… Guy Baclet qui faillit être maire pendant quelques heures.
Pointe-à-Pitre. Harry Durimel est maire sortant. Bilan ? Les finances ont été redressées avec le soutien de l’Etat, des collectivités majeures qui ont pris sur eux (elles) les grands travaux. Le COROM de l’Etat a aussi bien aidé. Cependant, pour des raisons diverses, la gestion de la ville au quotidien n’est pas facile pour Harry Durimel. S’il a bien changé, l’homme reste rugueux dans ses rapports avec les autres.
Certains de ses soutiens, Badi Faddoul, François Pellecuier, très populaires dans les électorats des rues commerçantes du centre-ville, ont claqué la porte. Le premier violemment, le second avec plus de discrétion. D’autres encore sont partis, en silence. Ils ont tous rejoint Loïc Martol, du PS. Ce dernier pourra-t-il sortir le maire actuel ? C’est ric-rac.
Sainte-Anne. Là, encore, une affaire de famille : les Baptiste. Deux fils de… Christian a été maire jusqu’à son élection à l’Assemblée nationale. Sa dauphine, Lydia Faro-Couriol, a été bousculée, dégagée par… Francs, frère de Christian, qui a pris le pouvoir, avec le soutien des adjoints de son prédécesseur. Le 15 mars, ils seront au rendez-vous, chacun pour soi, Christian derrière Lydia, mais avec un œil sur les autres candidats et peut-être une union au second tour.
Saint-Claude. Il était une fois un maire, réputé pour sa bonne gestion, Elie Califer. Devenu député, il a placé une fidèle, Lucie Weck-Mirre dans le fauteuil de maire, en toute confiance. Tout se passait bien sauf que la maire n’a pas apprécié que l’ancien maire lâche son frère, Jocelyn Mirre… Depuis, c’est la grande fâcherie, une majorité qui a explosé avant l’heure… et Lucie Weck-Mirre qui soutient un jeune élu, Fabrice Minatchy… Celui-ci, un temps en retrait de la politique après avoir été maire adjoint, revient… tandis qu’Elie Califer soutiendrait, faute de mieux, Cédric Vitalis, tout en regardant avec des yeux tendres… Fabrice Minatchy. Quelle embrouille !
Trois-Rivières. Le maire sortant, Jean-Louis Francisque, qui a échoué à la tête du SMGEAG — mais, que diable allait-il faire dans cette galère ? — se représente. Cette fois-ci, il n’aura pas le soutien de l’ancien maire, Albert Dorville, qui n’a cessé, sur les réseaux sociaux depuis trois ans, de casser du sucre sur sa tête. Le Dr Dorvile, toujours très populaire, ira-t-il au combat ? A voir.
En tout cas, s’il y en a un qui est déterminé, c’est Jimmy Fausta, conseiller départemental, conseiller d’opposition, jeune, volontaire, soutenu par le PS. Il devrait réunir sur son nom et sur sa liste, des partisans des anciens maires, Hélène vainqueur, Albert Dorville et Germain Jean-Louis. Il est un peu l’héritier de ces trois-là. Ce qui n’est pas rien.
Dans les autres communes, c’est sans surprise : André Atallah sera réélu à Basse-Terre, tout comme Adrien Baron à Sainte-Rose, David Nébor à Petit-Bourg, Eric Jalton aux Abymes, Jocelyn Sapotille à Lamentin, Ferdy Louisy à Goyave, Jean-Philippe Courtois à Capesterre Belle-Eau, Gabrielle Louis-Carabin au Moule, Jules Otto à Vieux-Habitants, Blaise Mornal à Petit-Canal, Edouard Delta à Anse-Bertrand, Jean-Marie Hubert à Port-Louis, Jean-Marie Périan à Saint-François…
Et les autres ? Ce sera plus difficile mais ils ont de la défense !
Heureuse, Jeanny Marc, de Deshaies, qui ne se représente pas, et regardera tout ceci avec un certain détachement. Son poulain, c’est Alphonse Guillaume, premier adjoint, trente ans de militantisme.
Marie-Galante
Jean-Claude Maes, maire de Capesterre, souhaite poursuivre son travail. Réussir Capesterre ensemble se veut rassembleur, autour des 23 candidats qui l’accompagnent.
Jean-Claude Maes est un pragmatique : Capesterre peut mourir des afflux de sargasses. Pour lutter contre ces nuisances, l’Etat, les communes n’ont pas tout l’argent qu’il faudrait. Alors, il va falloir faire preuve d’imagination… et commencer à reloger ailleurs les capesterriens qui sont en bord de mer… Jean-Claude Maes sera difficile à déchouker.
Maryse Etzol est candidate à Grand-Bourg à sa propre succession. Il y a six ans, elle avait dit que ce serait son dernier mandat mais elle entend rempiler pour six autres années. Jeune, volontaire, ambitieuse pour sa commune et pour Marie-Galante (elle est aussi présidente de la Communauté de communes, CCMG), elle a redressé les finances de la commune et pu investir ces dernières années. Le bilan semble bon, attendons la suite. Pas trop de souci à se faire.
François Navis, maire de Saint-Louis, leader de Balan pou Senlwi, joue la carte de la transparence. L’humain et la solidarité sont au cœur de son action, dit-il.
En face ? Pas grand-chose.























