Guadeloupe. CMA-CGM renforce sa présence aux Antilles avec un nouveau service maritime

Présent aux Antilles françaises depuis 1996, le groupe CMA-CGM de Rodolphe Saadé est un acteur incontournable des relations maritimes commerciales Europe Guadeloupe et Martinique. CMA-CGM vient d’inaugurer avec l’escale du Baikal, porte-conteneur réfrigéré F (c’est la sixième génération) XL (6000 EVP) un nouveau service qui a été présenté aux médias.

Valérie Séné, directrice de CMA-CGM, accompagnée du staff CMA-CGM venu de Marseille, Guillaume de Chastellux, directeur Ligne Antilles-Guyane, Bertrand Bey vice-président, directeur des relations institutionnelles, Catherine Bourgais, chef de la communication DROM, a accueilli les journalistes.

Présentation du nouveau service, qui relie l’Europe, l’Amérique et les Antilles françaises, précise Guillaume de Chastellux, «avec un gain de deux jours de transit et une logistique plus régulière dont devrait bénéficier l’économie locale puisque les marchandises sont débarquées en début de semaine. »

PCRF XL

Ce service a un nom, PCRF XL. Il a une réalité, une flotte de 7 navires modernes, d’une capacité de 6 000 EVP. Pour ceux qui ne sont pas habitués, cela veux dire équivalent vingt pieds (la longueur d’un conteneur courant, il y en a aussi de trente pieds).

Ce service est efficient puisqu’il permet, nous disent les trois Marseillais, « un gain de deux jours depuis le Nord de l’Europe, une arrivée des marchandises en début de semaine, une mise en rayons plus tôt, une meilleure régularité des rotations grâce à l’ajout d’un navire supplémentaire. Sans oublier une plus grande capacité pour permettre de mieux accompagner les flux import-export. »

Dans le concret des rotations, il faut retenir que ce service PCRF XL offre des temps de transit raccourcis :

  • Le Havre-Fort-de-France : 9 jours
  • Le Havre-Pointe-à-Pitre : 10 jours
  • Pointe-à-Pitre-Dunkerque : 9 jours
  • Fort-de-France-Dunkerque : 10 jours

Ce service inclut, outre les escales de Martinique et Guadeloupe, des escales en Amérique centrale, Amérique du Sud, Caraïbe, car Martinique et Guadeloupe deviennent des hubs de transbordement pour ces zones économiques.

Le but de CMA-CGM est de faire que le hub Antilles permette d’atteindre les 300 000 conteneurs transbordés chaque année, ce dès 2027. C’est demain !

Un peu d’histoire

Pierre Noirtin, président du GIA.

Pierre Noirtin, président du Groupement des Importateurs Antillais, dans une courte intervention, a rappelé le rôle historique du Groupe CMA-CGM, né de la reprise, avec le soutien du gouvernement de Jacques Chirac, en 1986, de la CGM, Compagnie Générale Maritime, qui faisait autant dans le transport de fret que dans celui des passagers, notamment avec le fameux paquebot France, à un moment où il fallait être pragmatique, choisir le fret ou les passagers. La CGM était une compagnie possédant une belle réputation, quelques bateaux, mais une gestion d’un autre temps.

Un armateur libanais, Jacques Saadé, qui possédait la Compagnie Maritime d’Affrètement (CMA), avait transféré ses activités à Marseille, fuyant la guerre civile dans son pays. En moins de dix ans, il passait de 4 à 2 000 salariés, devenait un leader mondial sur les routes maritimes asiatiques. C’était l’homme de la situation pour reprendre la CGM. Le Groupe CMA-CGM était né.

« CMA-CGM, avec Jacques Saadé, puis avec son fils, Rodolphe Saadé, n’a jamais laissé tomber les Antilles françaises. Il a toujours travaillé en harmonie, notamment avec les exportateurs de bananes », a rappelé Pierre Noirtin.

Une présence réelle

Valérie Séné, directrice de CMA-CGM.

Rapidement, le Groupe CMA-CGM a créé deux agences maritimes, une à Fort-de-France, l’autre à Jarry/Baie-Mahault.

En Martinique, 104 collaborateurs, 200 escales par an, en Guadeloupe 110 collaborateurs et 300 escales annuelles.

Premier opérateur maritime de Guadeloupe, CMA-CGM a une autorisation d’occupation temporaire d’une durée de 25 ans du terminal de la Pointe Jarry (jusqu’en 2050). Il a investi près de 42,5 millions d’euros pour la modernisation de la manutention, avec la mise en service de 6 cavaliers portuaires hybrides — le seul port de France à disposer de ces merveilles qui déplacent et rangent en piles les conteneurs sans intervention humaine —, l’augmentation des capacités de stockage avec 800 prises reefer à terme (il y en a 600 actuellement un doublement du parc).

Le Grand Port Maritime de Guadeloupe (GPMG) met à disposition des navires de CMA-CGM 7 portiques, dont trois de nouvelle génération.

La création du grand hub avec l’agrandissement des installations portuaires, un allongement du quai, devrait renforcer encore plus la présence de CMA-CGM dans la zone.

Visite guidée

Le nec plus ultra de cette matinée avec la CMA-CGM a été la visite du navire à quai en plein déchargement : le Baikal.

Construit en 2024, il est tout neuf, battant pavillon de Malte, le Baikal est long de 240 mètres pour une largeur de 43 mètres. Il emporte 6 000 conteneurs. 21 marins à bord.

Guidés par Guillaume de Chastellux, visite du centre de contrôle du chargement, puis des machines, de type cathédralé (sur plusieurs étages) impressionnantes et d’une propreté absolue. Ensuite, les lieux de confort des marins : la cuisine avec son énorme chambre froide, la salle de sport, bien équipée, la salle de détente (billard américain), etc.

Jusqu’à la passerelle, qui domine l’ensemble des ponts chargés de conteneurs.

Ce soir, le Baikal a repris la mer, vers d’autres escales d’un jour.

André-Jean Vidal
aj.vidal@karibinfo.com

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