« J’appelle solennellement l’ensemble des acteurs publics Etat, Région, Département, Intercommunalités, Syndicat à faire front commun. Face à l’urgence, l’heure n’est plus aux constats mais à l’action collective. » Le président du Conseil départemental a décidé de convoquer un Congrès des élus consacré à cette thématique en juin.
On l’a compris lors de la dernière plénière du Conseil départemental, il y a quinze jours : Guy Losbar ne supporte plus que l’eau soit prise en otage par les uns et les autres — on le voit dans la répartition des tours d’eau dans certaines communes — et que la crise de l’eau impacte fortement la vie des Guadeloupéen(ne)s.
« J’ai décidé de convoquer le Congrès des élus pour parler de la crise de l’eau qui impacte fortement les Guadeloupéens. Ce sera en juin. » Cette annonce, Guy Losbar l’a faite en préliminaire à la signature d’un partenariat avec la Banque des Territoires, cet après-midi à la résidence départementale.
Pourquoi avoir choisi ce moment précis pour l’annoncer ?
Pour Guy Losbar, la crise de l’eau que traverse la Guadeloupe est devenue une atteinte directe à la dignité humaine. Il l’a dit en plénière, il l’a répété devant l’ensemble des médias réunis pour la signature de la convention avec la Banque des Territoires.
« Aujourd’hui, nous avons collectivement une obligation de résultat.
Guy Losbar, président du Conseil départemental
L’heure n’est plus aux renvois de responsabilités.
L’heure est plus que jamais à la mobilisation générale. »
Pour le président Losbar, chacun doit assumer ses responsabilités. Chacun doit s’engager dans une logique de solution, et non de confrontation.
En premier lieu, le Département prendra toute sa part, voire plus que sa part, et propose à ce titre la mise en œuvre d’un plan stratégique en trois axes, à la hauteur de la crise.
Tout d’abord, un plan d’investissement massif et accéléré.
Le Département mobilise d’ores et déjà, pour sa part, 150 millions d’euros pour engager un programme d’urgence consacré à la réparation des fuites, à la rénovation des branchements avant et après compteur, et à la modernisation des réseaux.
L’objectif est clair : il s’agit de mettre fin durablement aux tours d’eau.
Ensuite, une réorganisation courageuse et responsable du syndicat de l’eau.
Guy Losbar :
Le président Losbar préconise ainsi un plan de départ volontaire, dans le dialogue et le respect des agents, incluant notamment une stratégie d’accueil des personnels par les collectivités volontaires comme cela a été proposé par le président de Région, Ary Chalus, lors d’une récente CTAP, et un effort collectif des pouvoirs publics pour contenir le déficit de fonctionnement du syndicat.
C’est une condition indispensable pour retrouver de la crédibilité, de l’efficacité et de la confiance.
C’est la raison pour laquelle Guy Losbar propose également la tenue. au mois de juin prochain d’un Congrès des élus de Guadeloupe sur la question de l’eau.
Ce Congrès, auquel seront invités tous les conseillers régionaux et départementaux, les maires, les élus de la Nation, sénateurs et députés, mais aussi le préfet, représentant de l’Etat, devra a dit Guy Losbar, « permettre de prendre des décisions stratégiques, claires et planifiées par toutes les institutions publiques concernées et de fixer une feuille de route partagé. »
Une convention de partenariat stratégique pour la Guadeloupe
Pour ce faire, il faut des fonds, même si le Département, bien géré, dispose de réserves financières conséquentes. P
Des fonds pour l’eau, certes, mais aussi pour tous les autres défis qui attendent le Département : la refonte des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, les équipements éducatifs et sociaux, les projets en faveur de la transition énergétique et agricole, l’accompagnement des communes.
Guy Losbar et le directeur de la Banque des Territoires, Antoine Saintoyant, ont signé une convention de partenariat stratégique majeure pour la période 2026-2028.
Guy Losbar :
Antoine Saintoyant :
Cette convention vise à accompagner la mise en œuvre du programme pluriannuel d’investissement du Département, d’un montant de près de 933 millions d’euros, et à renforcer la capacité d’action de la collectivité face aux grands défis du territoire.
A travers ce partenariat, comme l’a rappelé Antoine Saintoyant, la Banque des Territoires mobilisera l’ensemble de ses outils :
- prêts de long terme,
- ingénierie,
- accompagnement des projets structurants.
Six axes prioritaires ont été définis, couvrant notamment l’éducation, les infrastructures, l’aménagement du territoire, la transition écologique et la modernisation de l’administration.
« Avec ce partenariat, nous franchissons une étape décisive.
Guy Losbar, président du Conseil départemental
Nous sécurisons les financements nécessaires à nos
investissements et nous nous donnons les moyens d’agir concrètement, notamment sur un enjeu vital pour la Guadeloupe : l’eau. »
Au cœur de cette convention figure un engagement majeur en faveur de l’alimentation en eau potable.
Le partenariat prévoit :
- un accompagnement renforcé du SMGEAG dans la mise en œuvre de ses projets ;
- un appui en ingénierie pour améliorer la performance du service public de l’eau ;
- la mobilisation possible d’un Aquaprêt d’un montant maximum de 150 millions d’euros.
Ce financement constitue un levier déterminant pour :
- moderniser les réseaux,
- améliorer la distribution,
- garantir un accès durable à l’eau pour l’ensemble des habitants.
- Ce partenariat permettra également de soutenir :
- les infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires,
- les équipements éducatifs et sociaux,
- les projets en faveur de la transition énergétique et agricole,
- l’accompagnement des communes.
Antoine Saintoyant, directeur général de la Banque des Territoires :

























