La deuxième édition du Ti Kozé portuaire a été l’occasion pour le Grand port maritime de Guadeloupe de réaffirmer son engagement en tant qu’acteur du développement de l’économie du territoire.
En pleine expansion, l’industrie de la croisière intègre pleinement la Caraïbe qui apparaît comme une zone particulièrement sécurisée. Dans ce marché florissant, quels sont les atouts de la Guadeloupe ? Quel développement envisager pour que la croisière profite au territoire sans le dénaturer ?
Des intervenants de qualité étaient réunis autour de Jean-Pierre Chalus, président du directoire du grand Port maritime de Guadeloupe, à l’occasion du deuxième Ti Kozé portuaire qui a permis d’aborder les enjeux d’un développement « durable et harmonieux » de la croisière en Guadeloupe, à la Kaz Guadeloupe Port Center :
- Laurence Corenthin, responsable Croisière et nautisme au Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe.
- Valérie Ambroise, vice-présidente du Syndicat des agents de voyage
- Patrick J. Pourbaix, directeur général France et Monaco de MSC Cruises SA/Explora SA
- Jean-Marie Galita, proviseur adjoint du lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme de Guadeloupe.

Trouver le juste équilibre
« Le débat que nous avons eu montre que l’ensemble des acteurs veut conserver l’image de la Guadeloupe et préserver l’environnement, souligne Jean-Pierre Chalus, président du directoire du Grand port maritime de Guadeloupe. Derrière le mot Développement, il ne faut pas forcément entendre une course à la quantité, avec un nombre de croisiéristes qui pourrait augmenter. Nous sommes dans un système partagé où l’ensemble des acteurs se mettent d’accord sur les objectifs. »
Une concertation qui ne peut qu’être bénéfique à la destination. Pour le Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG), en charge de la promotion de l’archipel, la Guadeloupe peut compter son authenticité pour se démarquer. À cela, s’ajoutent, les cinq possibilités d’escale qu’elle offre aux croisiéristes (Pointe-à-Pitre, Basse-Terre, Deshaies, Saint-Louis, Terre-de-Haut) qui sont autant de retombées directes pour le territoire.
« Aujourd’hui, toutes les compagnies de croisière construisent de nouveaux navires, avec une percée des navires ultra-luxe, les chaînes hôtelières de luxe se concentrent aussi sur le Yachting..., constate Laurence Corenthin, responsable Croisière et nautisme au CTIG. Il s’agit aujourd’hui de trouver l’équilibre entre la modernisation de l’offre, l’innovation, la diversification de l’offre touristique, mais aussi la valorisation de l’économie locale, la culture de la Guadeloupe et rester authentique. »


« La Guadeloupe a un rayonnement particulier », selon Patrick Pourbaix, de MSC Cruises
Dans sa mission de valorisation du territoire et pour étoffer l’offre de services aux croisiéristes, le CTIG mise sur les innovations des porteurs de projets qui les sollicitent.

« Ce sont toujours des projets où la culture de Guadeloupe est au centre, et ils sont très différents de ce qu’on peut retrouver ailleurs dans la Caraïbe, poursuit Laurence Corenthin. Dans la perception de la destination par les passagers, ce qui revient beaucoup, c’est l’authenticité. Quand les croisiéristes se promènent à Pointe-à-Pitre, Deshaies ou Terre-de-Haut, ils sont au milieu des Guadeloupéens qui y vivent ou qui y travaillent, ce qu’ils ne retrouvent pas dans les autres destinations de la Caraïbe. »
Une authenticité qui fait aussi la différence pour Patrick Pourbaix J. Pourbaix, directeur général France et Monaco de MSC Cruises SA/Explora SA, qui a pu prendre part au Ti Kozé portuaire, le 30 mars.
« La croisière est repartie à fond et les chiffres le prouvent ! Troisième acteur mondial, MSC représente le développement européen de la croisière avec un niveau de qualité qui fait notre succès. Nous avons d’ailleurs de nouveaux navires en construction, annonce-t-il. La compagnie est présente sur plusieurs continents, mais sur cette carte du monde, la Guadeloupe a un rayonnement particulier ! En regardant la Caraïbe qui est très fréquentée par le marché américain, nous apportons une nouvelle dimension du développement de la Caraïbe, avec de nouveaux Hubs dans les Antilles françaises, en Guadeloupe et en Martinique. Nous y observons un phénomène particulier, une authenticité qui parfois fait défaut dans d’autres îles et un autre phénomène unique dans la Caraïbe : les Antillais adorent la croisière. Nous avons un taux de pénétration de la croisière de 10 % aux Antilles : c’est le premier taux mondial proportionnellement. C’est mieux qu’aux Etats-Unis où on avoisine les 4 à 5 %. »
L’économie du tourisme et singulièrement de la croisière constitue aussi un espace de formation pour les élèves du lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme de la Guadeloupe. Depuis trois ans, l’établissement, situé au Gosier, avec le Comité du Tourisme des Iles de Guadeloupe (CTIG).
« Nous travaillons à l’accueil des croisiéristes dès le début de la saison : sur toutes les escales, des étudiants accompagnent le personnel du CTIG, explique Jean-Marie Galita, proviseur adjoint du lycée Violetta Chaville. Les élèves doivent connaître le territoire, la ville de Pointe-à-Pitre, les différentes excursions proposées, en plus de maîtriser l’anglais, et l’espagnol. Dès la 1e année de BTS, nous intégrons l’allemand au cursus de ceux qui n’avaient jamais pratiqué la langue. L’élève doit être en capacité de répondre aux questions qu’un touriste pourrait lui poser sur la Guadeloupe, sur Pointe-à-Pitre, les excursions… Il doit avoir une parfaite connaissance historique et géographique de son milieu. Notre collaboration avec la compagnie MSC permet aux élèves d’assurer un accueil de qualité qui donnera envie au touriste de revenir en Guadeloupe. »
Cécilia Larney
Pour aller plus loin
Officiellement nommé lycée Violetta-Chaville, en 2024, le lycée des métiers de l’hôtellerie et du tourisme a acquis une belle réputation que les résultats des étudiants de BTS Tourisme confirment chaque année.
« Nous avons les meilleurs taux de réussite au BTS Tourisme et dans différentes épreuves. L’an dernier, le major de la promotion était issu de notre établissement qui maintient sa réputation grâce à la qualité des professionnels qui interviennent auprès des élèves et des partenariats que nous mettons en place avec les entreprises et les tuteurs qui accueillent les élèves en stage », indique Jean-Marie Galita.

























