La chambre régionale des comptes de Guadeloupe a contrôlé la commune des Abymes, la plus peuplée du territoire avec plus de 52 000 habitants.
À l’issue de son contrôle, la chambre dresse les constats suivants :
des lacunes dans le fonctionnement institutionnel de la commune en ne respectant qu’imparfaitement ses obligations en matière de transparence financière, avec des irrégularités majeures dans la gestion des indemnités des élus et des frais de mission. La direction générale des services peine à traduire les enjeux prioritaires en actions concrètes dans la mesure où elle est composée de plus de quarante directions distinctes, marquée par un cloisonnement qui freine la coordination et la cohérence des actions ;
une qualité financière présentant plusieurs insuffisances structurelles. En effet, la fiabilité comptable, la programmation budgétaire et la gestion patrimoniale demeurent problématiques comme l’avait déjà souligné la chambre dans son précédent rapport de 2011, les comptes souffrant d’anomalies récurrentes qui empêchent de répondre aux exigences de régularité et de sincérité ;
une situation financière qui se rigidifie notamment en raison d’une hausse des dépenses non maîtrisées, singulièrement de personnel. La baisse de l’autofinancement et le niveau des charges financières liées à l’endettement menacent la capacité d’investir de la commune ;
une absence de stratégie « ressources humaines » quand près de 40 % des agents ont plus de 60 ans, dans une perspective de continuité du service public local. Des risques juridiques avérés sont constatés, notamment l’impossibilité de vérifier le respect du temps de travail et des irrégularités dans l’octroi d’avantages statutaires et indemnitaires. La gouvernance doit être capable de garantir la conformité, la transparence et l’efficacité de la gestion des ressources humaines en se fondant sur une stratégie claire et des outils réglementaires actualisés ;
une fonction « achats » à structurer dans la mesure où la direction de la commande publique ne participe pas à une réflexion globale sur la politique d’achat. Des axes d’amélioration incluent l’adoption d’une stratégie d’achat pluriannuelle, le renforcement des compétences des agents, et la mise en place d’outils de gestion plus performants. Cela lui permettra d’anticiper les fins de marchés et l’empêchera de les poursuivre sans contrat, les protocoles transactionnels ne pouvant être utilisés à cette fin.
L’avis de la CRC :























