Finances publiques. Guerre au Moyen-Orient : 150 millions d’euros pour accompagner les plus vulnérables

Autour de Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, le comité d’alerte a évolué à environ 6 milliards d’euros, le coût de la guerre au Moyen-Orient.

Entre début mars et le 10 avril, ces recettes fiscales supplémentaires sur le carburant s’élèvent désormais à 170 millions d’euros (dont 80 millions d’euros perçus par l’Etat, le reste allant aux collectivités locales et à la sécurité sociale) contre 270 millions d’euros pour le mois de mars 2026 par rapport au mois de mars 2025. Cette chute de 100 millions d’euros sur les dix premiers jours d’avril est liée à la baisse de la consommation de carburant dans la dernière période.

Le coût budgétaire des aides déjà annoncées pour accompagner les secteurs professionnels et les Français les plus touchés par la crise s’élève au 20 avril à 150 millions d’euros :

  • 60 millions d’euros pour le chèque énergie
  • 35 millions d’euros pour les mesures de soutien aux agriculteurs
  • 5 millions d’euros pour les mesures de soutien aux pêcheurs
  • 50 millions d’euros pour les mesures de soutien aux transporteurs.

« La France résiste mieux que les autres pays », selon Roland Lescure

Roland Lescure.

Le coût total de la crise pour l’Etat, en tenant compte de la remontée de l’inflation et du ralentissement de la croissance, est évalué à 4,4 milliards d’euros, dont 3,6 milliards d’euros au seul titre de la charge de la dette. En complément, l’intensification de l’engagement des forces armées pourrait avoir un coût d’environ 1 milliard d’euros.

Le coût total de la guerre en Iran avoisinerait 6 milliards d’euros en 2026 si tous les risques anticipés se concrétisent.

« Le conflit au Moyen-Orient a un coût indéniable pour les finances publiques. Mais la France résiste mieux que les autres pays car nous sommes moins exposés et mieux préparés, notamment grâce à notre mix énergétique, indique Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique. Nous devons poursuivre la gestion rigoureuse de nos finances publiques, conserver des marges de manœuvre budgétaires et poursuivre la transformation de notre modèle économique et énergétique. Notre objectif : ressortir de cette crise plus résilients et plus souverains. »

Freiner les dépenses pour maitriser le déficit

Si les risques budgétaires liés à la crise se matérialisent, 4 milliards d’euros de dépenses pourraient être stoppés sur l’Etat et ses opérateurs et 2 milliards d’euros sur la sphère sociale.

Le gouvernement se dit « mobilisé pour garantir le respect de la trajectoire des finances publiques adoptée par le Parlement, éviter des hausses de fiscalité futures pour les ménages ou les entreprises et renforcer la capacité du pays à faire face aux chocs. »

« Pour les dépenses publiques, le dérapage est interdit, confirme David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics. Chaque euro de dépenses en plus ou de recettes en moins à cause de la crise devra être compensé. Face à un coût de la guerre qui pourrait atteindre 6 milliards d’euros dès 2026, nous nous tenons prêts à stopper 6 milliards de dépenses, si les risques se matérialisent. »

Pour aller plus loin

Lancé en avril 2025, le comité d’alerte rassemble l’ensemble des acteurs concernés par les finances publiques : parlementaires, représentants des élus locaux, représentants des caisses de sécurité sociale, représentants des partenaires sociaux et représentants institutionnels (Cour des comptes, Banque de France, INSEE, Haut Conseil des Finances publiques).

Le comité d’alerte des finances publiques a été réuni, mardi 21 avril, à Bercy par Roland Lescure, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, avec David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées et Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation.

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