« Compte tenu des projections du Fonds monétaire international (FMI) et de celles des institutions publiques haïtiennes : le ministère de l’Economie et des Finances (MEF), la Banque de la République d’Haïti (BRH) et l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), il y aura, à la fin de cet exercice fiscal, une contraction du produit intérieur brut (PIB) comprise entre 1,5% à 1,7% », a indiqué le gouverneur Ronald Gabriel.
Plusieurs chocs, tant externes qu’internes, retardent le retour de la croissance économique dans le pays, d’après M. Gabriel. Sur le plan externe, il a cité les tensions géopolitiques au niveau international et leur impact sur les prix internes, le resserrement des conditions financières, le durcissement des politiques migratoires dans certains pays partenaires et son impact sur Haïti en raison de notre dépendance aux importations et aux transferts de la diaspora. Sur le plan interne, le numéro un de la BRH a fait référence à la situation sécuritaire du pays qui affecte tous les secteurs de la vie économique.
Toutefois, le gouverneur a présenté plusieurs indicateurs économiques qui évoluent favorablement malgré les circonstances actuelles. La décélération de l’inflation, tombée sous la barre de 20% en mai 2026 après avoir connu un pic de 32% en novembre 2025. Sur ce point, il a précisé qu’il ne s’agit pas d’une baisse des prix mais des prix qui augmentent à un rythme lent. Pour le gouverneur, l’inflation de 20 % est encore très élevée. La stabilité du taux de change depuis trois ans autour de 131 gourdes pour un dollar est une évolution favorable pour la prévisibilité des agents économiques et des décideurs en matière d’investissement.
Outre ces indicateurs, le gouverneur Ronald Gabriel a fait état des réserves internationales nettes de change qui se sont fortement renforcées. « Les réserves internationales nettes de change se chiffraient, en mai dernier, à 1,9 milliards de dollars. Quant aux réserves brutes, elles sont autour de 3,5 milliards de dollars, ce qui équivaut à huit mois d’importation. Selon les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) en la matière, les réserves brutes doivent être l’équivalent d’une disponibilité de trois mois d’importations afin d’amortir les chocs affectant la balance des paiements », a renchéri M. Gabriel.
Plus loin, Ronald Gabriel a rassuré sur la santé du système bancaire. Il a dit que c’est un système fiable, résilient, assez bien capitalisé et qui ne fait pas face à des problèmes de liquidités. En ce qui concerne les liquidités, il a fait savoir que c’est un élément extrêmement important pour les institutions financières et l’absence de cet élément constitue un souci susceptible de mener à la faillite. Par rapport aux indicateurs prudentiels, le système bancaire reste accroché aux exigences règlementaires.
Aussi, dans le système bancaire, le taux des improductifs a connu une amélioration, sortant de 13% à 8,4%. Pour ce qui est des moratoires, mesure permettant au système bancaire de faire la restructuration des prêts, le gouverneur a communiqué quelques chiffres : « Lors de l’exercice 2023-2024, cette mesure avait touché 225 prêts et l’encours desdits prêts était autour de 21 milliards de gourdes. Il faut dire que 82% de ces prêts faisaient objet de moratoire au cours de l’exercice 2024-2025. La circulaire sur les moratoires a été modifiée en 2026 et selon les données, il y a 75 moratoires actuellement en vigueur qui concernent 59 entreprises débitrices. »
Concernant les finances publiques, le gouverneur de la BRH a révélé qu’à propos du financement monétaire, le plafond de 16 milliards de gourdes fixé avec le FMI dans le cadre du SMP est temporairement dépassé. Il a ajouté que le ministère de l’Economie et des Finances (MEF) travaille afin de ramener d’ici la fin de septembre, le financement monétaire au niveau prévu dans le cadre du SMP.
Les financements monétaires s’expliquent par le fait que les finances publiques ne permettent pas à l’État de dégager des ressources suffisantes en raison du ralentissement des activités économiques pour répondre ou financer les besoins sociaux à un moment où les dépenses ne peuvent pas attendre.
Sur le plan structurel, le pays continue d’enregistrer un déficit commercial. Actuellement le déficit commercial a baissé pour se situer à 12,47 puisque les importations deviennent de plus en plus importantes alors que les exportations diminuent.
Pour les transferts sans contrepartie, ils ont augmenté de 15,5% sur les huit premiers mois de l’exercice fiscal en cours par rapport à la même période de l’exercice précédent. Ils se chiffraient à 3,4 milliards de dollars américain d’octobre 2025 à mai 2026.
En matière de perspectives, le gouverneur a parlé d’un projet de digitalisation des paiements électroniques et d’un autre projet qui concerne la représentation de la BRH dans d’autres régions du pays. Présent à Port-au-Prince et dans le Nord, la BRH prévoit d’ouvrir une représentation dans le Sud du pays. Il a aussi annoncé un nouveau volet du programme Booster PME.
Source : Le Nouvelliste

























