Autour du thème, Audition et grand âge, l’Association nationale pour l’audition lance, à l’occasion de la Journée nationale de l’audition, jeudi 12 mars, une vaste mobilisation pour la santé auditive des aînés.
La 29e édition de la Journée nationale de l’audition, jeudi 12 mars, place au cœur du débat un enjeu encore largement sous-estimé : l’audition des personnes âgées. La surdité non prise en charge entraîne isolement social, perte de dignité et dépression. En Ehpad comme à domicile, un appareil non porté, encrassé ou mal réglé suffit à couper le lien avec le monde extérieur.
« La santé auditive n’est pas un luxe, c’est un déterminant essentiel de santé », rappelle l’Association Nationale de l’Audition. Pourtant, elle reste reléguée au second plan dans la prise en charge des personnes âgées. Privés d’interactions, les aînés se retrouvent réduits au silence. Les experts appellent à une mobilisation urgente : préserver l’audition, c’est préserver la vie sociale et la dignité tous et aussi au grand-âge.
Accompagner les personnes âgées dans la dignité
« La santé auditive doit être reconnue comme un élément central de la continuité des soins, souligne l’Association nationale pour l’audition. Elle conditionne non seulement la qualité de vie, mais aussi l’accompagnement dans la dignité des personnes âgées. Préserver l’audition, c’est préserver le lien social, l’autonomie et la dignité. L’audition doit entrer pleinement dans les politiques de santé publique, au même titre que la nutrition, la mobilité ou la prévention des maladies chroniques. »

L’Association Nationale pour l’Audition (ANA) lance un plan national sur deux ans pour améliorer la prise en charge auditive des aînés : formation des équipes soignantes, intégration systématique de l’audition dans le suivi médical, outils d’entretien et amélioration du port des aides auditives.
Prévention et repérage insuffisants

Parallèlement, le Pr Jean-Luc Puel veut faire de la Journée nationale l’audition du 12 mars, le point de départ d’une vaste campagne de dépistage auditif « partout et à tout âge, insiste le Pr Jean-Luc Puel, directeur de recherches à l’INSERM, président de l’Association nationale pour l’audition, dans un entretien au magazine Hibiscus Santé. Le bruit et les expositions sonores fragilisent l’audition et accélèrent le vieillissement de l’audition. La perte auditive n’est pas toujours une fatalité liée à la naissance, mais un risque qui concerne chacun de nous ! Pourtant, la prévention et le repérage restent largement insuffisants. »
Avec le vieillissement de la population, il devient urgent d’appréhender les bonnes pratiques auditives tout au long de la vie : prévention, repérage précoce et compensation adaptée.
Contrairement aux idées reçues, 88 % des personnes malentendantes le sont devenues au cours de leur existence. La perte auditive n’est donc pas une fatalité liée à la naissance, mais un risque qui concerne chacun de nous.
*INSERM : Institut national de la santé et de la recherche médicale
Une urgence de santé publique
Vous a-t-on déjà interrogé sur vos habitudes sonores, vos difficultés de compréhension, ou la présence de sifflements et bourdonnements ? Un Français sur deux n’a jamais réalisé de dépistage auditif, alors même que les troubles liés à l’environnement sonore progressent… et qu’ils sont souvent évitables.
L’Organisation Mondiale de la Santé annonce qu’une personne sur quatre sera concernée par un trouble de l’audition d’ici à 2050. Le bruit et les expositions sonores fragilisent l’audition et accélère le vieillissement de l’audition. Pourtant, la prévention et le repérage restent largement insuffisants.

























