Nicomède Gervais, ancien journaliste à France-Antilles Guadeloupe, est décédé, subitement, lundi 23 mars, au matin. Nous présentons nos plus sincères et affectueuses condoléances à Andrée son épouse, à sa famille, à ceux qui l’ont aimé.

Pas facile de se poser en constatant que c’est un ami de plus qui disparaît. Après Sylvère Selbonne, le populaire photographe, connu de plus, en plein Covid, Marc Armor, rédacteur, maître des mots et des titres, en début d’année, Nico, « Emmanuel », nous quitte.
Nicomède Gervais était à France-Antilles depuis 1980. Il venait de la radio, s’était illustré en présentant les journaux depuis les îles anglophones. Auparavant, il avait travaillé pour plusieurs médias de l’Hexagone.
Originaire de Saint-Martin, Nico maîtrisait l’anglais parfaitement, tout comme l’espagnol. Doté d’une maîtrise de Lettres de l’Université Bordeaux-Montaigne, c’était un étudiant passionné de Robert Escarpit, journaliste et universitaire. Il le reconnaissait comme celui qui avait façonné sa façon de voir les choses, avec rigueur et sérieux.
Qualités qu’avait Nico tout naturellement et qu’il avait affûtées lors de ses premiers stages.
En Guadeloupe, à France-Antilles, il était du noyau central des journalistes qui ont façonné le quotidien, qui, avec ce sang nouveau, passait de 7 000 exemplaires jour à 25, puis 35 000 exemplaires.
Comment ? En sortant de la routine, Nicomède et certains autres, embauchés en même temps ou juste après lui, ont souhaité ouvrir les fenêtres, cesser de parler de la Chambre de Commerce et de la Préfecture, des institutions, du parti politique majoritaire pour aller au-devant des Guadeloupéen(ne)s et tout autant au-devant de tous les hommes et femmes politiques, quelles que soient leurs étiquettes.
Nicomède avait créé des pages communes avant la lettre. Il se déplaçait dans les dépendances, rencontrait le maire, l’opposition, parlait des projets en cours, des associations… C’était vivant !
Mais, Nicomède pouvait tout autant écrire sur un spectacle, des rencontres sportives s’il le fallait, couvrir une audience de cour d’assises. Il était parfaitement polyvalent. Tout en laissant aux spécialistes la priorité de ce style de journalisme.
C’était le temps où il y avait encore de écoutes téléphoniques des journaux, où les bombes pétaient et où tout journaliste qui interviewait un politicien mal en cour était fiché.
Avec Nicomède, François, un autre journaliste spécialiste des faits divers et des affaires de justice, René, pilier du journal, notre aîné, Jean, le responsable des sports, lui aussi l’un sinon le premier embauché presque quinze plus tôt, Sylvère et Roberto, puis Dominique, les photographes, nous formions le petit « bataillon » des journalistes de France-Antilles. Et l’on faisait un journal imprimé en Martinique.
Combien de fois Nico et moi avons porté le pli contenant feuilles de textes et photos sur papier mat à l’aéroport pour qu’il traverse la mer pour l’aéroport de Fort-de-France ?
Nicomède avait tressé, au fil des années, des rencontres, des sorties sur le terrain, avec son carnet — il en avait des centaines, dans ses tiroirs de bureau, contenant ses notes, des noms, des numéros de téléphone, des adresses mail… dans ses tiroirs et aussi sur son bureau, en tas — un réseau extraordinaire.
Souvent, quand un appel arrivait au journal, qu’il fallait un journaliste pour couvrir un événement, l’interlocuteur demandait… Monsieur Nicomède Gervais.
Garantie de sérieux.
En périodes électorales, Nico était encore plus passionné : il connaissait tous les élus, parfois tous les candidats, les appelait, les présentait ensuite.
Les soirées d’élections, quand nous avions établi notre pronostic, commune par commune, canton par canton ou circonscription par circonscription, Nicomède Gervais avait tout bon.
Et puis, un jour, il a pris sa retraite, c’était il y a onze ans, après 35 ans de métier.
Mais, l’ancien champion de boxe universitaire avait gardé sa formidable carrure et toute son agilité. Agilité d’esprit aussi. Son épouse André nous disait, hier, la passion de Nicomède pour les débats télévisés, l’actualité politique, l’actualité tout court, d’ici ou d’ailleurs, en anglais comme en français. Passion jamais éteinte.
Journaliste jusqu’au dernier moment, parti au lendemain du second tout des municipales et communautaires.
Adieu Nico, mon ami.
André-Jean Vidal
La veillée pour Nicomède Gervais sera mardi 31 mars, à partir de 18 heures, aux pompes funèbres Tafial, au bourg du Gosier. L’inhumation aura lieu le lendemain, mercredi 1er avril, à 10 heures, en l’église du bourg du Gosier.
Les hommages
Guy Losbar salue « le grand professionnalisme, le côté pointilleux et la grande humanité de cette figure de la presse locale »
« Le président du Conseil départemental, Guy Losbar, a appris avec tristesse le décès de Nicomède Gervais, ancien journaliste à France-Antilles.
Originaire de Saint-Martin, Nicomède Gervais a travaillé dans plusieurs autres médias, avant d’intégrer la rédaction de France-Antilles Guadeloupe, en 1980.
Là, pendant 35 ans, il a traité tous les sujets, de l’agriculture à l’éducation, en
passant par l’action syndicale ou la politique. Au cours de sa carrière, Nicomède Gervais a su se créer un immense réseau auprès des acteurs locaux. En 2015, il a fait valoir ses droits à la retraite.
Le président Guy Losbar salue le grand professionnalisme, le côté pointilleux et la grande humanité de cette figure de la presse locale.
Il adresse ses condoléances attristées à sa famille, à ses proches et à la grande famille du journalisme guadeloupéen. »
Ary Chalus : « Sa disparition marque la perte d’un journaliste de terrain, ancré dans ses racines »
« C’est avec une profonde tristesse que le président de Région, Ary Chalus, a appris le décès du journaliste Nicomède Gervais, survenu à l’âge de 80 ans.
Ancien journaliste de France-Antilles, rédaction qu’il avait intégrée en 1980, il est devenu un des piliers du
quotidien local. Durant plus de trois décennies, il a mis sa plume et sa rigueur au service des
Guadeloupéens, s’imposant comme une figure incontournable du paysage médiatique de notre archipel.
Fin connaisseur des rouages de notre territoire, Nicomède Gervais s’était distingué par son analyse pointue de l’actualité politique. Il privilégiait la constance et la connaissance fine des acteurs locaux faisant de lui un observateur respecté tant par ses pairs que par les décideurs.
Sa disparition marque la perte d’un journaliste de terrain, ancré dans ses racines, qui aura su documenter
avec passion et humilité l’histoire contemporaine de la Guadeloupe.
Les élus régionaux s’associent au président de Région Ary Chalus pour adresser leurs condoléances à la
famille et aux proches de Nicomède Gervais. »


























