Guadeloupe. Du nouveau dans le Plan Chlordécone IV

Depuis cinq ans et le Plan Chlordécone (IV en ce moment), les autorités de l’Etat, Edwige Duclay, cheffe de projet Chlordécone IV, assistée localement par un sous-préfet en charge de l’eau et de l’assainissement, mais de bien d’autres dossiers, dont celui du chlordécone — il s’agit de Théo Gal — font un travail considérable pour expliquer, inciter, réparer en quelque sorte.

Enième COPIL dans l’amphithéâtre Méril de l’Université des Antilles à Fouillole. Beaucoup de monde, la plupart étant ce qu’on appelle des « chlor’acteurs ». Pour faire simple, ce sont des acteurs référents du Plan Chlordécone IV.

Ce plan mobilise beaucoup d’énergies synergiques : neuf ministères, avec les préfets de Guadeloupe et Martinique, et les Agences Régionales de Santé (ARS), une large communauté scientifique et associative.

Théo Gal :

Comme l’argent est le nerf de la guerre, Edwige Duclay a annoncé des chiffres : le budget initial de 92 M€ pour 2021-2027 a été rehaussé pour atteindre 130 M€ à horizon 2023, afin de répondre aux besoins des populations. Entre 2021 et 2025, plus de 62 M€ de crédits publics ont été engagés, soit 36 M€ de plus que pour le plan précédent (2014-2020).

Edwige Duclay a aussi annoncé un appel à projets.

Pourquoi ? Pour encourager et renforcer les actions de prévention au plus près des populations.

L’argumentation est logique : la population n’est pas encore suffisamment informée sur les bons gestes et les dispositifs d’accompagnement existants pour limiter son exposition. Face à ce constat, et dans un contexte de défiance vis-à-vis des communications institutionnelles, la priorité est d’amplifier les actions d’aller-vers, grâce à des relais de confiance et de proximité.

Cet appel à projets, lancé à titre expérimental pour l’année 2026 par la Préfecture et l’ARS, vise à financer des initiatives locales, innovantes et participatives pour informer, protéger et accompagner les Guadeloupéennes et Guadeloupéens, en particulier les plus vulnérables.

Il est ouvert aux associations, structures médico-sociales, acteurs de la médiation, structures culturelles et collectifs locaux.

Les projets attendus couvrent :

• la sensibilisation de proximité,
• les ateliers participatifs,
• la création d’outils pédagogiques adaptés aux réalités guadeloupéennes,
• et toute initiative favorisant le dialogue citoyen.

Afin de garantir l’exactitude des informations transmises et l’efficacité de l’action, les répondants à l’appel à projets devront prendre contact et s’appuyer sur un expert dans le domaine, dont la liste leur sera communiquée.
Les lauréats rejoindront la communauté des acteurs de terrain, les « chlor’acteurs », et bénéficieront d’un financement pouvant aller jusqu’à 20 000 € par projet. Modalités sur chlordecone-info.fr

Edwige Duclay :

Mme Duclay a aussi annoncé pour les 23, 24 et 25 juin un colloque scientifique : Comprendre et agir.

De quoi s’agit-il ? Le colloque se tiendra à l’Université des Antilles (site de Schœlcher, en Martinique) et réunira 300 chercheurs, praticiens, acteurs de terrain et décideurs pour un rendez-vous scientifique de référence sur la chlordécone.

Il s’inscrit dans une approche « One Health » (une seule santé), reconnaissant l’interdépendance entre santé humaine, animale et environnementale.

Organisé par le Comité de Pilotage Scientifique National (CPSN), dans le cadre de la Stratégie Chlordécone, cet espace de réflexion et de partage mêle deux impératifs : comprendre — les contextes et mécanismes de pollution, les processus conduisant à l’exposition et ses impacts — et agir, à toutes les échelles.

L’intégralité du colloque sera retransmis gratuitement, en ligne et en direct sur inscription. Lien d’inscription : https://www.colloque-chlordecone2026.fr/

Dr Bradamantis :

Un démonstrateur territorial, pour quoi faire ?

Tester en grandeur nature, valider scientifiquement, déployer à grande échelle pour franchir un nouveau palier dans la lutte contre la chlordécone.
Ce démonstrateur territorial vise à structurer, un cadre opérationnel et scientifique permettant de tester les résultats de la recherche et de développer des solutions concrètes pour réduire l’exposition à la chlordécone dans trois domaines :
• L’agriculture avec des innovations biotechniques et organisationnelles adaptées au territoire, pour construire et piloter un système alimentaire local plus résilient
• La remédiation des sols (dépollution) pour expérimenter et évaluer les techniques les plus prometteuses pour décontaminer les terres agricoles
• Le suivi de l’impact des dispositifs d’accompagnement sur les populations, afin de mesurer leur efficacité réelle et de protéger la santé. Le démonstrateur repose ainsi sur une approche collaborative de long terme associant scientifiques, acteurs publics, privés et société civile.

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