Chlordécone : comment « on » a empoisonné du monde

L’empoisonnement massif des populations à ce niveau – plus de 80 % en Guadeloupe et en Martinique – est comme un crime d’Etat.

Depuis 1976 jusqu’en 1993, combien de Premiers ministres, de ministres de l’Agriculture, qui ont répondu aux sollicitations (des planteurs de bananes, des élus de Guadeloupe et Martinique…) et délivré des dérogations pour l’utilisation dans les bananeraies d’une molécule cancérogène ?

La plupart des survivants ne se souviennent plus de rien. L’Etat a refusé longtemps de reconnaître sa responsabilité, les procès successifs pour désigner des coupables, exiger des dommages-intérêts pour des populations entières contaminées (80 à 90% des Guadeloupéen(e)s et Martiniquais(e)s), se concluent par des non-lieux…

Et pourtant, ce chlordécone fait l’objet de toute l’attention des autorités avec des plans dédiés, des protocoles pour éviter de nouvelles contaminations alimentaires, des campagnes pour inciter les habitants à se faire dépister… L’empoisonnement massif des populations à ce niveau est comme un crime d’Etat. Le dossier de L’Hebdo Antilles-Guyane.

Les enfants de la Soufrière : 50 ans après l’évacuation de 1976

À travers les témoignages de celles et ceux qui ont vécu l’exode, Les enfants de la Soufrière ravive l’urgence, la peur et parfois l’humiliation éprouvées par ces familles contraintes de se réfugier en Grande-Terre. Les rescapés racontent l’effroi des jours d’évacuation, les maisons abandonnées dans la précipitation, l’exil forcé et la peur de ne jamais revoir leur terre. Surnommés les « magmas », couverts de cendres et imprégnés de l’odeur du soufre, ces déplacés furent parfois perçus comme des étrangers sur leur propre île. De cette épreuve naquit pourtant une solidarité indéfectible.

Tourné entre Paris, Basse-Terre, Saint-Claude et les hauteurs du volcan, le film d’Alexandra Barbot suit celles et ceux qui, 50 ans après l’éruption de 1976, continuent de vivre sous son regard. Scientifiques, agriculteurs, guides, élus et habitants racontent une même réalité : celle d’une coexistence permanente avec un géant imprévisible. On en parle dans L’Hebdo Antilles-Guyane.

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