« FEADER; les annonces ne suffisent pas, il nous faut des paiements. » Les Jeunes Agriculteurs, sous la plume de Yannick Kindeur, président, s’étonnent que la plateforme EurpoPAC ne soit toujours pas opérationnelle trois ans après sa mise en service par la Région Guadeloupe.
Europac c’est la plateforme qui vise à simplifier et faciliter les démarches des porteurs de projet et des entreprises. Le 15 octobre 2024, la Région Guadeloupe a informé de l’ouverture de ce portail de dépôt des demandes d’aides EuroPAC pour les dispositifs Jeunes agriculteurs et Industries Agro-Alimentaires.
« La Région Guadeloupe, autorité de gestion des interventions stratégiques régionales du programme européen FEADER (Fonds européen agricole pour le développement rural), poursuit les travaux nécessaires à l’ouverture du nouveau portail de dépôt et d’instruction des demandes de financement en ligne », indiquait le site de la Région.
Il poursuivait ses explications : « Les travaux pour l’ouverture de la plateforme ont ainsi été menés par la collectivité régionale dès 2022, en partenariat avec l’Agence de Service et de paiement (ASP), notamment pour obtenir l’accréditation préalable nécessaire en matière de sécurité.
Celle- ci ayant été obtenue en mars 2024, les premiers dispositifs d’aides sont ouverts depuis le 11 juin 2024: ouverture du dispositif investissements non-agricoles ( Entreprises Agro- Alimentaires) ainsi que le dispositif jeune agriculteur. L’ouverture des autres dispositifs s’effectuera de manière échelonnée. »
Le site de la Région précisait que, pour la période 2021-2027, les fonds européens à verser par la Région, autorité de gestion, sur des dossiers finalisés, était de 110 millions d’euros.
Il y a un an, les Jeunes Agriculteurs de Guadeloupe avaient fait savoir que les dossiers étaient bloqués… depuis deux ans.
« La faute à la plateforme », expliquait Ary Chalus à la fin d’une réunion à l’Espace Régional. Il expliquait qu’un technicien travaillait là-dessus…
Il proposait la tenue de réunions, régulières, entre les syndicats agricoles et le Service Europe pour faire avancer les dossiers.
Yannick Kindeur, patron des Jeunes agriculteurs, soulignait qu’entre les prix des machines au moment du dépôt des dossiers, deux ou trois ans auparavant — donc comprendre qu’avant même le problème d’EuroPAC on ne se pressait pas à instruire les dossiers — et le prix des mêmes machines trois ans après, celui-ci n’était plus le même. Refaire les dossiers… perdre encore du temps. Il demandait des aménagements.
Quelque temps auparavant, à l’espace régional, au Raizet, le président Ary Chalus n’était pas venu à la rencontre des agriculteurs, comme ces derniers l’auraient souhaité. Ils s’en étonnaient d’ailleurs au début de la réunion. Même pas un président de commission…
L’intersyndicale — Jeunes agriculteurs Guadeloupe, UPLG, Coordination rurale, Kolèktif des Agriculteurs et FNSEA 971 — avait finalement rencontré, en son absence, les techniciens de la collectivité. Techniciens qui avouaient leur incapacité à répondre aux questions… « Seuls les élus peuvent vous donner des réponses… », disait la personne dirigeant la team de techniciens avant de demander à la presse, invitée par les syndicats, de quitter les lieux…
Que s’est-il passé depuis ? « Depuis mars 2025 nous avons initié un travail d’échange avec la Région Guadeloupe et plus
particulièrement le Service Europe afin de mettre un terme à une situation délétère pour l’agriculture Guadeloupéenne.
Déjà à l’époque, la notion d’urgence sonnait différemment pour nous agriculteurs que dans la perception administrative mais nous avons essayé d’avoir un dialogue précis et constructif afin d’identifier l’ensemble des points de blocage. »
La démarche, reconnaît le patient Yannick Kindeur, a porté quelques fruits. Du moins en apparence.
« Ces réunions mensuelles, baptisées REJACOM, tenues en présence des conseillers à l’installation et parfois des agriculteurs impactés par la paralysie des fonds, ont permis quelques avancées notamment pour les dossiers en attente sur I’ancienne programmation et sur l’instruction des dossiers DJA (Dotations Jeunes Agriculteurs) sur la nouvelle programmation mais les problèmes sont loin d’être réglés. »
Le bouquet vient après. Que dit M. Kindeur ? « Nous sommes aujourd’hui fin juin 2026, la plateforme EUROPAC n’est toujours pas opérationnelle et malgré la mise en place bien tardive d’une alternative, à quoi bon avoir des dossiers instruits si les paiements ne suivent pas ! »
Yannick Kindeur fustige les grands discours, les coups de menton… qui ne vont pas plus loin que ça.
« On parle de projections et d’un plan de souveraineté alimentaire dans un contexte où des agriculteurs sont dans l’incapacité de réaliser leurs investissements. Quant aux conseillers à l’installation ils attendent d’être payés depuis plus d’un an… chronique d’un désastre annoncé et en cours. » Enorme !
Yannick Kindeur pose la question cruciale : « Ou sont les fonds mobilisables ? »
Et conclut : « Nous exigeons des mesures rapides et concrètes. »
Il risque d’être déçu, ce sont les grandes vacances. A la rentrée peut-être…
























