Guyane. Cancer du pénis : rare, mais en augmentation

Dans La Lettre Recherche du CHU de Guyane, l’équipe d’urologie basée à Kourou, alerte les hommes et les professionnels de santé sur la fréquence des cas de cancer du pénis ces dernières années.

L’état des lieux des patients atteints du cancer du pénis, pris en charge depuis 2004, à Kourou, met en évidence une augmentation du nombre de cas. De 22 cas en 20 ans, entre 2004 à 2024, le cancer du pénis est plus souvent diagnostiqué, ces dernières années en Guyane. L’équipe d’urologie du CHU de Guyane indique en recenser « de plus en plus ces dernières années, soit 2 à 3 cas par an », selon le Dr Khalil Chalhoub. Ce cancer rare semblerait « plus fréquent en Guyane qu’ailleurs ».

Issus, pour un peu plus de la moitié de la communauté bushinenge, les patients sont plus jeunes – 55 ans en moyenne lorsque la maladie est découverte – et sont diagnostiqués à un stade plus avancé qu’ailleurs. « Un patient sur cinq était âgé de moins de 40 ans, contre 71 ans en moyenne dans l’Hexagone, poursuit le Dr Chalhoub. Nous avons également retrouvé plusieurs patients venus consulter avec des métastases ganglionnaires. »

L’état des lieux des patients opérés à l’hôpital de Kourou ont été publiés en fin d’année 2025 dans la revue scientifique, British Journal of Urology International.

« Toute lésion pénienne indolore doit conduire à une consultation spécialisée »

Dr Khalil Chalhoub, urologue.

Le délai anormalement long de consultation d’un médecin – environ 11 mois -, après l’apparition de la première lésion, a interpelé les urologues. Les causes de ce retard n’ont pas été étudiées, mais au moins deux sont envisageables :

  • l’éloignement géographique avec l’hôpital de Kourou
  • l’hésitation à consulter face à des lésions intimes.

« C’est un cancer indolore, mais qui est normalement visible. Toute lésion pénienne indolore, qu’elle soit bourgeonnante ou symptomatique, doit conduire rapidement à une consultation spécialisée », conseille le Dr Chalhoub.

Les urologues ont constaté que dans 4 cas sur 10, le patient était infecté par le HPV (papillomavirus humains). « Souvent, quand on pense aux papillomavirus, on pense au cancer du col de l’utérus chez les femmes. Mais cela peut toucher les hommes, avec les cancers de la verge et de l’anus », soulignent les urologues qui rappellent que « la vaccination contre les HPV est importante chez les hommes comme chez les femmes pour prévenir une partie des cancers. »

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