Opinion. Le naufrage annoncé de la natation guadeloupéenne

PAR PROSPER CONGRÉ*

Le 20 juillet, la natation pourrait être le deuxième sport olympique à subir le même sort que le football : une liquidation judiciaire ! Une mise sous tutelle et la nomination d’un administrateur judiciaire !

C’est le risque que court cette discipline autrefois reine du mouvement sportif guadeloupéen qui comptait du temps du CTR Geoffroy Robert plus de 5 000 licenciés dans ses rangs.

Progressivement, faute de politique sportive cohérente, de bonne gestion financière, de projets innovants, d’ambition structurée, la discipline a connu des fissures importantes qui l’ont mené vers des voies d’eau qui conduisent désormais vers un naufrage qui semble inéluctable.

Perte de clubs, absence de bassins, polémiques stériles

Des piscines qui se ferment, des clubs qui s’éteignent, des écoles de natation qui disparaissent, des dirigeants en manque de lucidité, des calendriers sportifs ingérables, des sélections absentes des grands événements, le calvaire, notamment, de ces 10 dernières années, n’a fait que confirmer le désastre annoncé depuis une décennie précédente avec l’obstination de blocages systématiques de rénovation et d’innovation dans les mentalités.

Complètement dépassés, les quelques maigres résultats épisodiques de quelques nageurs n’étaient en réalité que l’arbre qui cachait la forêt !

Une natation paradoxale

C’est au moment où la natation guadeloupéenne obtient un bassin olympique de 50 mètres et 10 couloirs et la nomination d’un Conseiller Technique National que la natation se retrouve au creux de la vague, la tête sous l’eau !

Quel paradoxe ! Un miracle est-il encore possible ? Certainement.

A condition qu’il y aient des hommes et des femmes qui veuillent apprendre à travailler ensemble et porter un projet sur au moins les 10 années à venir.

A condition que l’on retrouve les ressources humaines qui acceptent de s’engager et de s’impliquer dans un programme de formation professionnelle.
A condition que l’on trouve un équilibre du territoire dans les insfrastructures accueillant la pratique des activités aquatiques.
A condition que la natation guadeloupéenne accepte de se diversifier dans un projet commun attractif et pluriel.
A condition que les programmes définis soient véritablement instaurés et respectés comme l’Aisance Aquatique, le Savoir Nager, la natation scolaire…
A condition que des ressources financières nouvelles viennent alimenter un réseau qui dispose d’un véritable potentiel et pouvoir économique et touristique autour des métiers de l’eau, de la mer, de la surveillance des sites de baignades, du sauvetage et du secourisme.
A condition que l’ensemble des activités aquatiques et nautiques soient intégrées dans un programme pluridisciplinaire et complémentaire.

Ce ne sont là que quelques pistes.

Une chose est sûre : en aucun cas sur un territoire comme l’île de la Guadeloupe, il ne peut pas ne pas y avoir de natation et tous les Guadeloupéens doivent apprendre à nager. C’est tout simplement une question de survie !

*Président du CNRBT

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