La défenseure des droits humains Guerline Jozef a décrit une situation alarmante pour les Haïtiens vivant aux États-Unis, alors que le Statut de protection temporaire (TPS) est arrivé à expiration.
Selon elle, les conséquences de la fin du TPS dépassent largement les quelque 350 000 bénéficiaires haïtiens. « Cette situation affectera également plus de quatre millions d’Haïtiens vivant en Haïti qui dépendent du soutien financier de leurs proches installés aux États-Unis. C’est plus qu’une tragédie », a-t-elle déploré.
Mme Jozef souligne que de nombreux bénéficiaires du TPS n’ont plus de logement en Haïti, leurs maisons ayant été incendiées par des groupes armés. Elle rappelle que la fin du programme entraîne également la perte de l’autorisation de travailler, du droit de résider légalement aux États-Unis et, dans plusieurs États, de certains privilèges liés au permis de conduire.
« La réalité aujourd’hui, c’est que les Haïtiens dont le TPS a pris fin risquent l’arrestation, la détention et la déportation », a-t-elle averti. Elle recommande notamment aux personnes qui ne disposent pas d’un permis de conduire valide d’éviter de prendre le volant afin de limiter les risques d’interpellation.
La responsable de Haitian Bridge Alliance encourage également les familles concernées à préparer un plan d’urgence. Celui-ci consiste à rassembler les documents importants et à les confier à une personne de confiance en cas d’arrestation par les agents de l’ICE.
Elle conseille en outre aux bénéficiaires du TPS de consulter un avocat spécialisé en immigration ou une organisation de défense des droits des migrants. Selon elle, certaines personnes peuvent être admissibles à d’autres formes de protection, mais chaque situation doit être examinée individuellement.
Sur le plan judiciaire, Mme Jozef a indiqué que le dossier du TPS a été renvoyé par un juge du district de Washington, D.C., à la juge Ana Reyes.
« Nous ne savons pas encore quand elle rendra sa décision, mais elle est tenue de se conformer à l’ordonnance de la Cour suprême et de rendre une décision finale », a-t-elle expliqué.
Interrogée sur la possibilité pour l’équipe juridique de modifier sa requête devant la juge Reyes, Guerline Jozef estime que les marges de manœuvre sont très limitées.
« Elle peut exprimer son désaccord, mais elle ne peut pas modifier la décision de la Cour suprême », a-t-elle affirmé.
Selon la militante, les avocats continuent d’explorer toutes les voies juridiques possibles. Toutefois, à ce stade, ils demeurent contraints de se conformer à la décision rendue par la Cour suprême.
Source : Le Nouvelliste
























