Les agriculteurs des Caraïbes visent une opportunité de 1,5 milliard de dollars alors que la région cherche à réduire ses importations alimentaires
Les agriculteurs des Caraïbes pourraient générer 1,5 milliard de dollars de revenus annuels si la CARICOM parvient à réduire d’un quart la facture des importations alimentaires de la région, qui s’élève actuellement à 6 milliards de dollars.
Wayne Elliott, responsable des programmes techniques à l’Agence de développement des exportations des Caraïbes (Caribbean Export Development Agency), a souligné que la région se privait de ces revenus en dépendant autant des denrées alimentaires importées. Il s’exprimait lors de l’émission de radio Observer AM, en amont du Forum sur l’investissement dans les Caraïbes qui se tiendra à nouveau à la Barbade en octobre.
Les importations alimentaires représentent jusqu’à 90 % des calories consommées dans les États membres du CARIFORUM, entraînant une sortie de capitaux d’environ 6 milliards de dollars par an hors de la région, selon les chiffres cités durant l’émission.
M. Elliott a précisé que cette facture représentait l’un des plus importants marchés intérieurs inexploités de la région, car elle reflétait une perte de production, d’investissements, d’emplois et de création de valeur au profit de fournisseurs étrangers.
La CARICOM s’est fixé pour objectif de réduire de 25 % la facture régionale des importations alimentaires ; une initiative qui, selon M. Elliott, ouvre une opportunité de 1,5 milliard de dollars pour les entreprises agroalimentaires locales. Pour capter cette part de marché, a-t-il ajouté, la production locale doit être compétitive en termes de prix par rapport aux importations.
Les exportations de produits agricoles à valeur ajoutée en provenance des Caraïbes, bien que restant relativement faibles, sont en augmentation, portées en partie par la demande des diasporas à l’étranger, a-t-il déclaré. Le principal obstacle à cette croissance demeure, a-t-il ajouté, la régularité de l’approvisionnement.
Pour y remédier, les entreprises agroalimentaires ont commencé à constituer des équipes structurées composées d’agronomes, de gestionnaires et de spécialistes du marketing, plutôt que de s’attendre à ce que les agriculteurs gèrent individuellement chaque étape de la production.
Selon M. Elliott, cette approche permet de regrouper la production, d’obtenir des rendements plus prévisibles et de constituer un portefeuille crédible de projets prêts à recevoir des investissements, ce que recherchent précisément les investisseurs internationaux.
Il a reconnu que, par le passé, les marchés insulaires fragmentés étaient trop restreints pour attirer des financements importants de la part des institutions mondiales de financement du développement. Une approche régionale unifiée s’imposait, permettant de regrouper des projets à travers différents pays, tels que le Guyana et le Belize, qui ont tous deux mis des terres à disposition pour une production agricole à grande échelle.
Le Forum d’investissement des Caraïbes, qui en est à sa cinquième édition, se tiendra au Hilton Barbados Resort du 5 au 7 octobre, sous l’égide de la Caribbean Export Development Agency (CEDA). L’événement s’articulera autour de quatre thèmes : l’agriculture durable, le commerce et la logistique, la transformation numérique et la transition écologique.
M. Elliott a encouragé les promoteurs de projets, les agriculteurs, les agro-entrepreneurs, les fournisseurs de technologies et les organismes gouvernementaux à y participer, soulignant que les rencontres interentreprises permettraient un accès direct aux investisseurs institutionnels et aux sociétés de capital-investissement, sans les intermédiaires hiérarchiques habituels. Après le forum, la CEDA offrira un accompagnement pour faciliter la concrétisation des premières discussions et la signature d’accords d’investissement, a-t-il précisé.
Il a évoqué les perturbations survenues pendant la pandémie de Covid-19, lorsque les ruptures des chaînes d’approvisionnement mondiales ont mis en évidence la dépendance de la région aux importations, pour rappeler l’importance de la souveraineté alimentaire. Développer la production régionale ne sera ni facile ni rapide, a-t-il reconnu, mais il est convaincu que l’effort en vaut la peine.
Source : Antigua Observer
Lien : https://antiguaobserver.com/caribbean-farmers-eye-1-5bn-opportunity-as-region-targets-food-imports/























