La préfecture, l’Agence régionale de santé et La Croix-Rouge ont lancé un nouveau dispositif de prévention destiné au grand public, jeudi 10 septembre.
Le bus de prévention « Mon bilan chlordécone » a effectué son premier arrêt à Basse-Terre, où le public était prêt à découvrir son taux d’empoisonnement au chlordécone.
Grâce à ce dispositif porté par l’ARS et La Croix-Rouge, il est désormais possible à chacun de connaître le taux de chlordécone dans son sang et son imprégnation au pesticide.
Jeudi 10 septembre, une vingtaine de personnes a fait le déplacement pour effectuer le dépistage gratuitement, sur l’esplanade du Port à Basse-Terre.
« C’est intéressant de pouvoir savoir si on en a dans le corps, explique Lindy, 35 ans. La plus grande partie de mon alimentation provient des produits locaux : il est donc possible que j’en aie. »
Même sans couverture maladie…
Comme Lindy, les autres personnes présentes ont passé le test de chlordéconémie qui était précédé d’un bilan de santé effectué par des infirmières de la Sécurité sociale et une consultation médicale réalisée par un médecin.
« Les personnes qui n’ont pas de couverture maladie peuvent faire ce dépistage gratuitement », précise Louis-Paul Koumba-Poutin, directeur des établissements La Croix-Rouge Guadeloupe.
La dernière étape était une prise de sang, qui sera à des laboratoires pour déterminer le taux de chlordécone dans le sang.


Une prise en charge par l’ARS

Ce dispositif a été lancé dans le cadre de la Stratégie Chlordécone qui se concentre sur le taux de chlordéconémie et la recherche autour du pesticide.
« Pour l’instant, nous faisons de la prévention, indique Clément Rouchouse, sous-préfet de Basse-Terre. Pour la question de la responsabilité, la justice a été saisie. Nous essayons de protéger les enfants et les femmes enceintes notamment de l’imprégnation. »
Lorsque quelqu’un reçoit ses résultats et qu’il a un taux de chlordéconémie supérieur à 0,4 micro grammes par litre de sang, il est accompagné par l’ARS pour réduire le taux.
« Ce taux peut représenter un risque pour la santé. Le corps humain élimine la chlordécone tous les six mois. Dans le cas d’une personne qui bénéficie d’un suivi, un expert se rendra à son domicile pour déterminer si elle a des pousses sur son terrain, et lui indiquer des méthodes de production saines », explique Caroline Corlier, chargée de mission chlordéconémie à l’ARS Guadeloupe.
Les personnes suivies sont également orientées vers des producteurs agréés dont les produits ne sont pas contaminés par la chlordécone. Enfin, un second test est effectué neuf mois plus tard pour déterminer l’efficacité des ajustements.
Les personnes testées à Basse-Terre, jeudi 10 septembre, recevront les résultats de leur taux de chlordéconémie dans une quinzaine de jours.
Tafari Tirolien























