Guadeloupe. Naïma Moutchou aux acteurs de la filière : « J’ai un plan pour le tourisme »

Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, a longuement dialogué avec les acteurs du monde du tourisme. Elle leur a dit qu’elle connaît les problèmes que la filière tourisme rencontre en Guadeloupe — manques d’eau potable chroniques, sargasses récurrentes et de plus en plus, insécurité grandissante — et qu’elle est à son poste pour passer au stade d’après, des actions concrètes.

Le cadre : le Jardin botanique de Deshaies. Une table en U et des invités de la ministre : Patrick Vial-Collet, acteur incontournable du tourisme — La Toubana 5*, la Créole Beach Hôtel 4*, etc — des représentantes de la Région — Sheilah Rampath, conseillère régionale — et du Département — Caroline Romney, directrice du Tourisme —, des représentants du CTIG et des offices de tourismes des EPCI, dont Catherine Cadrot, pour la CANBT, et trois élus, une sénatrice, Solanges Nadille, vice-présidente du Sénat, et deux députés, Dominique Théophile et Max Mathiasin. Le maire de Deshaies, Alphonse Guillaume était assié à la gauche de la ministre.

De quoi s’est-il agi ? De parler tourisme, « concrètement », a dit la ministre des Outre-mer.

« J’ai un plan pour le tourisme », a-t-elle annoncé. Ce plan est-il aussi le plan des acteurs locaux du tourisme ?

Que veut la ministre dans ce plan ? Un tourisme durable, un tourisme de proximité, un tourisme pour l’Outre-mer. L’idée est de relancer un truc qui existait et qui a été abandonné, le Comité stratégique du tourisme Outre-mer. Grimace de Patrick Vial-Collet qui dira à la fin de la démonstration : « Quand on nous parle de stratégie et qu’en fait il n’y en a pas… »

Continuons d’écouter la ministre. Naïma Moutchou veut accompagner les actions, ce qui implique que localement on se bouge (NDLR), et aussi avancer sur les problématiques. Là, on va parler problèmes.

De fait, pour parler tourisme en Guadeloupe, il faut parler de ce qui fâche, de ce qui impacte la filière. Mais, la ministre avait son tempo.

Numéro un : les sargasses. « Le Plan sargasses III est en cours, pour s’adapter aux réalités » : « les sargasses, a constaté la ministre, est un fléau récurrent exponentiel. Donc, n ous allons augmenter sensiblement l’enveloppe pour lutter contre ces sargasses en privilégiant leur recueil en haute mer. »

Numéro deux : le prix des billets d’avion. « Je vais voir si ça peut être intégré au projet de loi de finances. » OK.

Numéro trois : la continuité territoriale. « Je pense qu’il faut s’occuper de la desserte inter-îles. » Sans doute.

Conclusion : « Tout est sur la table ! »

Patrick Vial-Collet : « Nous avons trois problèmes : l’eau, les sargasses, l’insécurité. L’eau, parce que sans eau, pas d’économie et que l’eau on en a de moins en moins; les sargasses, on vient d’en parler, l’insécurité parce que c’est un gros problème qui ne va pas en s’arrangeant. »

Conclusion : « On demande la solidarité nationale ! »

La ministre rassure : « Je ne suis pas au stade des diagnostics, je suis au stade de l’après ! Je veux dire qu’il faut agir, Etat et collectivités. Tous aller dans le même sens. Il s’agit de faire une feuille de route concrète, avec des objectifs réalistes. Pour l’eau, le plan de Guy Losbar est très bien. Après, il faut des investissements à long terme. L’Opération d’intérêt national, il faut que les parlemùentaires la portent. Les sargasses, il y aura plus de financements, le plan de lutte contre le narcotrafic est en cours, avec des équipements et une meilleure organisation sur le terrain. »

Hélène Poirier, fondatrice de Nautic Blue Caraïbe, acteur du tourisme nautique, mais aussi du SEM’Act, un concept de séminaire de médecine, veut parler santé.

La ministre acquièsce : « Je pense que la thématique santé et démographie est importante, en effet. Un territoire qui vieillit sans réponses, c’est un territoire qui meurt. »

Elle poursuit : « La Guadeloupe peut devenir un grand hub de soin avec le CHU. »

La sénateur Dominique Théophile rebondit : « L’industrie du tourisme devrait être naturelle comme elle l’est à Saint Domingue, par exemple. il faut casser les normes et faire du tourisme une industrie. Pour ce qui est de la santé, il est possible de faire du business de santé avec la Dominique, Antigua, dont les gens vont se faire soigner aux Etats-Unis alors que nous sommes tout près. L’évolution institutionnelle, c’est casser les normes pour mieux les adapter au terrain, rien d’autre ! »

L’évolution institutionnelle s’est invitée à la table du tourisme.

Remarque de la ministre : « On a avancé avec des dérogations dans la loi littoral. »

La ministre a poursuivi sa visite par une déambulation dans les rues de Deshaies, jolie commune touristique.

Patrick Vial-Collet commente la rencontre :

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