Economie. Indexation en Outre-mer : stop ou encore ?

Le magazine Outre-mer, et si on bougeait les lignes ? aborde les conséquences de l’indexation pour la compétitivité des territoires.

Dans les années 1950, les conditions de vie en Outre-mer étaient difficiles en raison du manque d’infrastructures essentielles — absence de routes, rareté des écoles et des établissements hospitaliers —, de la pénurie de produits manufacturés et d’un coût de la vie particulièrement élevé par rapport à celui de l’Hexagone. Pourtant, la fonction publique de ces territoires devait renforcer ses effectifs, notamment ses cadres. Ainsi, pour attirer les professionnels de l’Hexagone et les jeunes diplômés locaux, un dispositif de majoration a été mis en place par la loi du 3 avril 1950, accompagné d’avantages financiers et en nature.

Destinée, au départ, aux seuls fonctionnaires d’État originaires de l’Hexagone, cette sur-rémunération — ou indexation — a été progressivement étendue à la quasi-totalité du secteur public. Cette compensation, dite « prime de vie chère » ou « majoration de traitement », s’élève aujourd’hui à 40 % aux Antilles-Guyane, 53 % à La Réunion, 75 % à Saint-Pierre-et-Miquelon, entre 73 et 108 % en Nouvelle-Calédonie et en Polynésie, et 105 % à Wallis-et-Futuna.

Une source d’inégalités

Siti Daroussi.

Selon de nombreux experts, cette sur-rémunération crée une économie artificielle qui démotive l’investissement et l’emploi dans des secteurs productifs locaux. C’est également une source d’inégalités importante entre ceux qui en bénéficient et les travailleurs du secteur privé qui n’y ont pas droit.

En Polynésie française, par exemple, il n’existe ni RSA ni allocations chômage, et le salaire minimum est nettement inférieur à celui de l’Hexagone ; en revanche, les fonctionnaires y perçoivent jusqu’à 108 % de plus que leurs homologues hexagonaux.

Enfin, le versement de cet argent public a favorisé la constitution d’une économie de rente, ainsi que la hausse du coût de la vie, en particulier dans le domaine alimentaire. Les distributeurs, en situation d’oligopole, ont ajusté leurs prix au niveau des revenus de leur clientèle cible, et leurs produits sont devenus inaccessibles aux populations locales.

Comment limiter les écarts de rémunération Outre-mer ?

Hervé Mariton, ancien ministre, président de la Fedom sera l’un des invités.

Souvent pointée du doigt par la Cour des comptes, la sur-rémunération des fonctionnaires a été peu réformée au fil du temps.

Presque tous les gouvernements ont souhaité réduire, voire supprimer, l’indexation des salaires des fonctionnaires d’Outre-mer, mais face aux levées de boucliers, les responsables politiques esquivent ou évitent le sujet.

Siti Daroussi reviendra avec ses invités, en plateau et en duplex, sur les effets politiques et sociaux de la sur-rémunération.

Cette inégalité institutionnelle peut-elle perdurer ? Comment limiter les écarts de rémunération Outre-mer ? Quelles conséquences pour la compétitivité des territoires ? Quelles mesures pour une répartition salariale plus équitable et pour redonner du pouvoir d’achat aux populations des territoires ?

Mercredi 1er juillet, à 22.05 sur Guadeloupe La 1e

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