Des travailleurs du BTP, de l’hôtellerie, des télécommunications, de la petite enfance, des produits pétroliers, des entreprises de l’aéroport, des banques et assurances, de la sécurité…, mais aussi des usagers de l’eau ont répondu à l’appel des organisations syndicales en ce 1er-Mai.
Pour célébrer la fête du travail, les organisations syndicales de Guadeloupe ont mobilisé travailleurs du public, du privé, jeunes et moins jeunes pour un défilé unitaire, vendredi 1er-Mai, aux Abymes.


Rejoints par des associations d’usagers de l’eau, des organisations politiques…, les syndicats ont effectué un circuit aux Abymes, depuis l’esplanade Serge Zorobabel, en ce 1er-Mai. Tout au long du cortège, un slogan dénonçant les moyens alloués à la guerre, et réclamant une augmentation des salaires face à la vie chère, était repris par les participants. En effet, quelle que soit leur sensibilité, les syndicats et leurs mandants s’accordent sur la question de la vie chère et le maintien des acquis, notamment le 1er-Mai, jour férié et chômé.
« Aujourd’hui, la situation est vraiment très grave, commente Maïté M’Toumo, secrétaire générale de l’UGTG. On ne peut accepter que, pour faire la guerre, ils prennent l’argent de nos poches. Le 1er-Mai est l’occasion de revendiquer contre la vie chère et la remise en cause des acquis comme le 1er-Mai en tant que jour férié et chômé, les acquis sociaux et salariaux, l’absence de négociations collectives, les licenciements, les fermetures d’entreprise. Les travailleurs doivent se rassembler pour lutter, sinon, il sera trop tard ! »



« Que les richesses produites bénéficient aux travailleurs »
Une dizaine d’organisations syndicales (CFDT, CGTG, FAEN/SNCL, FO, FSU, Solidaires Guadeloupe, SPEG, Sud PTT Gwa, SUNICAG, UGTG, UNSA) ont scandé leurs revendications.
Au sein du cortège, les travailleurs du BTP, de l’hôtellerie, des télécommunications, de la petite enfance, des produits pétroliers, des entreprises de l’aéroport, des banques et assurances, de la sécurité…, mais aussi des usagers de l’eau qui dénoncent l’absence du précieux liquide au robinet et, quand il y est, sa qualité, qui laisse à désirer. Cette problématique récurrente, dont on ne voit pas l’issue, impacte lourdement le quotidien des familles guadeloupéennes parfois privées d’eau pendant de longues semaines, mais aussi le fonctionnement des établissements scolaires. Une question dont s’est emparée la FSU.



« Nous avons obtenu, à la FSU, une amélioration du protocole Eau pour qu’il y ait des réserves dans les établissements en cas de coupure sur le réseau, indique Eddy Ségur, secrétaire général de la FSU Guadeloupe. Nous sommes en train d’obtenir un financement croisé Collectivités/Etat pour que tous les établissements scolaires disposent de citernes. Nous avançons aussi sur la mise en place d’un groupe de travail pour élaborer un Plan chaleur en Guadeloupe. Nous sommes au travail ! »
En ce 1er-Mai, le syndicat a mis en avant les difficultés de l’Education nationale en dénonçant les fermetures de postes, la dégradation des conditions de travail…
Commémorer l’affaire « Klodo »
« Avec les autres organisations syndicales, nous réclamons, la revalorisation des salaires, l’arrêt des suppressions de postes, des moyens pour que les établissements travaillent dans de bonnes conditions : avec de l’eau, une action forte par rapport à la chaleur que nous subissons dans les salles de classe, insiste Eddy Ségur. Les élèves ne peuvent pas réussir sans des conditions de travail acceptables. De même, sans revalorisation des salaires, nous avons beaucoup de difficultés à inciter les jeunes diplômés à s’orienter vers les métiers de l’enseignement ! Il faut que les richesses produites bénéficient aux travailleurs. »

En ce mois de Mai, très symbolique pour les militants, et marqué par la célébration de nombreux événements, notamment le 27 mai en Guadeloupe, une banderole en tête de cortège, réclamait « justice » pour Claude Jean-Claude, dit « Klodo », décédé en décembre 2020, suite à une brutale interpellation par les gendarmes à Deshaies.
Dans son programme de manifestations du mois de Mai, le LKP entend intégrer « l’affaire Klodo » à la commémoration des « assassinats gratuits de Guadeloupéens », annonce Maïté M’Toumo.
Cécilia Larney

























