Guadeloupe. Bonnes perspectives pour la croisière

Mardi 30 juin, le Comité du Tourisme des Îles de Guadeloupe (CTIG) a fait, avec le Grand Port Maritime de Guadeloupe (GPMG) et l’aéroport international Guadeloupe-Maryse Condé le bilan de la dernière saison de croisière et envisagé les perspectives pour la prochaine.

Que dire sinon que cette destination Guadeloupe plaît aux compagnies maritimes qui exploitent des navires de croisière dans la Caraïbe ? La Guadeloupe, pour le monde de la croisière c’est quatre spots de qualité : Terre-de-Haut, premier spot avec 123 escales, Pointe-à-Pitre, avec 119 escales, Deshaies, 42 escales, Saint-Louis de Marie-Galante, 10 escales, Basse-Terre, 3 escales en 2025-2026.

Au total 297 escales, dont 11 escales inaugurales (premier toucher du bateau).

Hall de croisière 1 du port de Pointe-à-Pitre. Une centaine d’invités du CTIG, accueillis par la présidente du conseil d’administration, Valérie Samuel-Césarus, Rodrigue Solitude, directeur général. Il y a Marc Gauthier, directeur de la prospective du GPMG, Jérôme Siobud, directeur d’exploitation de l’aéroport international, beaucoup d’agents de voyages, de représentants de compagnies, de tour opérateurs, des médias.

Laurence Corenthin, responsable croisière et nautisme au CTIG, a donné des chiffres encourageants : 297 escales, 385 000 croisiéristes, dont 95 000 en port-base (arrivés par avion), 55 millions de retombées, un millier d’emplois directs en 2025-2026.

Le cabanon d’information du CTIG sur le port, animé par un à deux agents du CTIG, deux étudiants de BTS tourisme en renfort, deux agents mobiles d’information touristique (AMIT) de Cap Excellence, a accueilli 27 789 personnes, essentiellement des Britanniques (7 892), des Allemands (7 394) et des Français (2 477). Cette dernière saison, le CTIG a noté la présence de Colombiens, Péruviens, Brésiliens…

Que font ces touristes ? Ils vont à la plage, font le tour de la Basse-Terre ou de la Grande-Terre, prennent le bus ou des taxis pour visiter le pays, vont au marché aux épices de Pointe-à-Pitre, font du shopping. Ils sont aussi attirés par les lieux de tournage de la série de la BBC, Death In Paradise, à Deshaies.

S’ils restent sur le territoire de Cap Excellence — Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault — ils peuvent bénéficier de la démarche Cruise Friendly. C’est une charte de qualité d’accueil par 21 commerçants de Pointe-à-Pitre — pour l’instant — qui font des remises jusqu’à 10% sur leurs produits ou leurs services. Ils sont informés des arrivées des paquebots, afin de se préparer à recevoir les touristes dans les meilleures conditions possibles.

Cette démarche Cruise Friendly concerne pour 50% des adhérents des commerces de souvenirs, de vêtements, de bijoux. 56% de ces commerçants ont noté une augmentation de leur cilentèle liée à ces croisiéristes. 22 % de ces commerces ont recruté du personnel supplémentaire pour le temps de la saison de croisière. 50% de ces commerçants estiment entre 30 et 50 euros la dépense moyenne par les croisiéristes dans leur établissement.

Enfin, 72% de ceux qui ont répondu se déclarent satisfaits ou très satisfaits de la démarche.

Manifestation à l’initiative du CTIG qui remporte chaque fois un grand succès — c’était le 15 février la deuxième édition — auprès des croisiéristes : le Carnaval Show ! Quai Lefèvre, à la sortie du terminal de croisière, il y a un village du Carnaval, avec animations, DJ, stands de maquillage, distribution de goodies, mais surtout des prestations originales de groupes de carnaval. Les croisiéristes sont invités à participer activement aux prestations.

Quelle est la perception de la destination par les touristes ? 812 croisiéristes ont été sondés. Bons points : l’archipel plaît, la population aussi, vue comme accueillante, chaleureuse. 80% des croisiéristes veulent revenir en Guadeloupe.

Quelle est la perception des commerçants de la place pointoise ? 201 commerçants ont été interrogés. Que disent-ils ? Plus de 60% des croisiéristes dépensent jusqu’à 50 euros dans les commerces, 12% dépensent plus. Qu’achètent-ils ? Des activités de loisirs, des souvenirs, vêtements, des services (notamment des transats sur les plages des hôtels, mais aussi de la crème solaire, des sirops, de l’aspirine dans les pharmacies).

Des marchandes ont été questionnées à Pointe-à-Pitre et à Sainte-Anne où il y a un marché actif. 84% estiment que la dépense moyenne tourne autour de 20 euros, pour des épices locales.

Quid des perspectives pour la saison 2026-2027 ?

Le CTIG a mené une offensive sur les salon internationaux — Seatrade de Miami et Seatrade de Hambourg — afin de conserver et d’attirer des compagnies maritimes. A Hambourg, 24 rendez-vous ont permis de se rappeler au bon souvenir des compagnies partenaires tandis qu’à Miami, le CTIG et ses partenaires ont réalisé 30 rendez-vous avec des compagnies extra luxe pour des partenariats au mouillage lors des prochaines saisons.

Laurence Corenthin a présenté la prochaine sajson en chiffres : 311 escales (+5%), dont 144 à Pointe-à-Pitre, 119 à Terre-de-Haut, 36 à Deshaies, 11 à Marie-Galante, une à Basse-Terre. 430 000 croisiéristes sont attendus, puisqu’il y aura un super paquebot, le MSC Europa qui va faire la saison, 310 mètres de long, 6 000 passagers, mais aussi 12 nouveaux navires dont Orient Express Silenseas, Four Season Yacht, Meinshiff Flow et MSC Opera, à partir de novembre 2026, qui va rester.

Vous avez bien lu, il va rester après la saison de croisière, en juin, juillet, août, septembre… Malheureusement, il n’embarquera pas de passagers en Guadeloupe. il y fera escale. Les Guadeloupéens devront s’informer pour connaître les ports de départ…

Marc Gauthier a eu la lourde tâche d’expliquer pourquoi certains paquebots hésitent à faire escale en Guadeloupe — en Martinique et à Saint-Martin aussi. La Commisison européenne taxe les navires qui viennent dans les ports européens, dont les ports de RUP, ceci pour des raisons… vertueuses. « La taxe carbone sur les escales de navires de croisière multiplie par deux les coûts de l’escale pour les paquebots. C’est pour cela que la compagnie Costa a choisi d’aller en République dominicaine pour faire de La Romana son port-base… Là, pas de taxe. »

Oui, la compagnie Costa Croisières a officialisé l’an passé son départ de Pointe-à-Pitre comme port base au profit de La Romana en République dominicaine pour la saison 2025-2026. Motif principal : éviter la taxe carbone de 240 euros par passager.

Des discussions sont en cours au plus haut niveau gouvernemental pour sensibiliser la Commission Européenne.

Et, comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, les RUP ont créé une association de lobbying pour faire le travail auprès de la Commission Européenne… en direct. L’optimisme est de mise.

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