PAR ROBERT PROCIDA
L’Étoile Scintillante de notre Carnaval
« Il y a des hommes qui font le carnaval, et il y a ceux, plus rares, qui lui donnent une âme. Alain était de ces bâtisseurs de rêves. »
Le grand livre du Carnaval de Guadeloupe s’est paré de ses plus belles couleurs de deuil.
Alain nous a quittés, mais l’écho de sa générosité et la lumière de sa passion continueront de faire vibrer nos rues et nos cœurs à chaque coup de fouet, de tambours, à chaque battement de po, à chaque éclat de cuivre.
Au-delà de la compétition : L’Amour du collectif
Pour Alain, le carnaval n’était pas une arène où l’on s’affronte pour des trophées éphémères.
C’était un espace de communion, un art vivant qui n’avait de sens que s’il était partagé.
Il a su élever la fête au-dessus des rivalités de groupes pour en faire un projet commun, une œuvre d’art totale portée par la fraternité.
Un passeur de lumière et de savoir-faire
Alain n’était pas seulement un créateur ; il était un mentor, un guide au grand cœur.
Son héritage se lit dans les yeux de tous ceux qu’il a inspirés.
Le partage des outils et des matières : sa table de travail était celle de tous.
Combien de carnavaliers en détresse, à quelques heures d’un dimanche gras, ont trouvé dans son atelier le fil, la colle, la structure ou le conseil qui manquait ?
La transmission du geste : il n’a jamais gardé ses secrets de fabrication pour lui.
Alain offrait son savoir-faire avec la gratuité des grands passionnés, soucieux de voir la relève grandir et exceller.
Le Carnaval de Guadeloupe au firmament
Alain avait un rêve, une vision presque mystique de notre culture.
Il ne voyait pas le carnaval de la Guadeloupe au ras du bitume, mais bien au firmament.
Il le voulait grandiose, respecté, étincelant au niveau international. Chaque armature métallique qu’il soudait, chaque plume qu’il ajustait était une marche de plus pour hisser notre patrimoine vers les sommets de l’excellence.
Aujourd’hui, c’est lui qui a rejoint ce firmament qu’il visait tant. Depuis là-haut, nul doute qu’il veillera sur nos déboulés et nos parades.
Vole en paix, Alain.
Ton œuvre est gravée dans la résine de nos chars, de nos dècors, dans le pli de nos costumes et dans la mémoire de la Guadeloupe.
Le Mas continue, plus beau, plus fort, car tu lui as donné des ailes pour toucher les étoiles.
Fòs é kouraj à sa famille , ses proches et à toute la grande famille du carnaval.

























