L’Etat, en l’occurrence le secrétaire général aux Affaires régionales, Yves Dareau, le président de section des chambres régionales et territoriales des comptes, président des observatoires des prix, des marges et des revenus, Patrick Plantard, recevaient, ce matin, tous les acteurs de la production et distribution des hydrocarbures sur le territoire.
Patrick Plantard, président de l’Observatoires des prix, des marges et des revenus :
Beaucoup de monde en préfecture, à Basse-Terre, salle Schœlcher : des administratifs de haut vol, des représentants des producteurs d’hydrocarbures, des grossistes, des vendeurs, des transporteurs, etc. Et deux grands élus, les sénateurs Solanges Nadille et Victorin Lurel.
Et un représentant des consommateurs, représentant de la Confédération nationale du logement, président de l’association des locataires, Jean-Claude Debasque.
De quoi ont-ils parlé ? Du blocus du Détroit d’Ormuz, entre les pays du Golfe et l’Iran, plusieurs milliers de navires dont des centaines de tankers qui avaient chargé ou allaient charger du pétrole, des hydrocarbures, du gaz.
Pris en otages d’une guerre entre les Etat-Unis, Israël et l’Iran, ces navires ne peuvent plus approvisionner le marché mondial. D’où une hausse importante des prix à la pompe à essence et chez les fournisseurs de bouteilles de gaz.
Fort heureusement, il y a le pétrole de la mer du Nord, qui approvisionne les cuves de la Société Anonyme de Raffineries aux Antilles (SARA) qui transforme ce pétrole en essence, gazole et gaz domestique.
Malgré tout, la Guadeloupe n’est pas épargnée parce qu’il y a un cours mondial de ces hydrocarbures et que la pénurie d’un côté de la terre impose la redistribution d’autres ressources pour compenser. Et chacun se sert au passage sur le dos du cochon de payant, le consommateur : la SARA, quoiqu’elle en dise, les grossistes, les transporteurs d’essence et de gaz, les gérants de stations-servcies.
Si dans l’Hexagone, les prix sont libres, en Guadeloupe, les prix sont réglementés. Qu’on le sache, l’Etat ne prélève pas de taxes, sinon…
Comment est calculé le prix d’un litre d’essence
Tout d’abord, il y a le prix facturé par la raffinerie aux grossistes. Ce tarif est composé notamment des coûts de logistique et de raffinage, de la rémunération de la raffinerie et les coûts liés à l’achat des matières premières. Les premiers postes ne varient pas en cours d’année, c’est donc le poste matières premières qui est à l’origine des variations de prix constatés chaque mois. En effet, deux paramètres importants sont à l’origine des fluctuations à la hausse ou à la baisse : les cotations internationales (calculées sur la moyenne des 15 premières cotations du mois M-1) et la parité euro/dollar qui peut avoir un effet levier (les produits pétroliers sont achetés en dollars). Ainsi, par exemple, l’essence sans plomb 95, le gazole route ou encore le butane, seront vendus aux même prix par la raffinerie aux grossistes des trois territoires.
A partir de ce prix viennent se greffer des coûts supplémentaires spécifiques à chacun des territoires, à savoir les marges des grossistes, les marges des détaillants et les fiscalités locales. Viennent se rajouter également les certificats d’économie d’énergie C2E. Les marges des grossistes et des détaillants sont identiques tout au long de l’année et n’interviennent donc pas dans les variations des prix en cours d’année. La fiscalité est divisée entre l’octroi de mer et l’octroi de mer régional qui sont calculés en pourcentage sur le prix de facturation de la raffinerie aux grossistes. La troisième partie de fiscalité, la taxe régionale spéciale, vient également se rajouter au prix de facturation de la raffinerie, mais elle n’est pas calculée sous forme de pourcentage mais sous forme d’un taux fixe par hectolitre.
Enfin, les certificats d’énergie collectés par les grossistes varient chaque mois en fonction de cotations dites Emmy.
Donc on voit bien que la fluctuation mensuelle des prix à la pompe sera portée par l’évolution des cotations des produits pétroliers (avec un effet de la parité euro/dollars). L’octroi de mer et l’octroi de mer régional étant calculés par pourcentage, leur valeur variera à la hausse ou à la baisse en fonction de leur base de calcul. Plus modestement, les certificats d’énergie (C2E) varieront chaque mois selon une cotation spécifique.
Source : DDCCRF
Ce matin, donc, comme la situation ne change pas au Détroit d’Ormuz, que le président des Etats-Unis souffle le froid et le chaud avec l’Iran, il va falloir compenser la hausse des hydrocarbures sur le marché international. Le mois dernier, le préfet Devimeux, tout comme ses homologues de Martinique et de Guyane, a tempéré. A la fin du mois, pour mai, il devrait lâcher du lest, laisser les prix monter. Mais pas trop.
Pour laisser les prix s’envoler, le préfet a demandé à toutes les parties d’apporter la preuve des difficultés rencontrées si les prix sont bloqués. Pour cela, il veut voir les coûts réels, les bians, etc. Toutes preuves tangibles d’un secteur d’activité des produits pétroliers en difficultés si rien ne bouge.
Une fois ces documents examinés, il dira s’il lâche du lest dans l’un ou l’autre secteur et quelle sera l’augmentation supportable pour e consommateur guadeloupéen. Pas simple.
Yves Dareau, SGAR :
Chacun y est allé soit de ses lamentations pour dire qu’il faut augmenter ou qu’il ne faut pas augmenter.
Les deux élus attendent de voir et soutiennent les transporteurs de bouteilles de gaz dont la marge n’a pas évolué, semble-t-il, depuis vingt ans. Alors que leurs camions tout comme les camions-citernes ont vu leurs prix doubler dans le même temps. La Guerre en Ukraine sans doute…
Victorin Lurel, sénateur :
Valéry Risedemonde, transporteur :
Le point de vue du consommateur
Jean-Claude Debasque, représentant de la Confédération nationale du logement :


























