Guadeloupe. Septembre Bouge met Basse-Terre en mouvement

Pour la première édition de l’opération nationale, Septembre bouge, deux territoires d’Outre-mer figurent parmi les 18 villes-étapes : la Guadeloupe et La Réunion. Basse-Terre a accueilli l’étape régionale, dimanche 20 septembre, autour d’un village d’animations et de prévention, et d’une conférence sport-santé, riche d’enseignements.

Le Dr André Atallah.

Après une intense période de préparation, l’étape régionale de Septembre bouge s’est déroulée à Basse-Terre, dimanche 20 septembre.

« On peut considérer que cette première édition de Septembre bouge est réussie, commente André Atallah, cardiologue, maire de Basse-Terre, à l’origine des P3S. Il y avait du monde au P3S de Saint-Claude, où nous étions avec les officiels, et sur les autres sites, des jeunes et moins jeunes ont pris part aux activités. C’est l’objectif de Septembre bouge : faire connaître les activités, inciter le public à s’inscrire dans des clubs. Cet événement permet de sensibiliser le plus grand nombre. »

Le slogan, « Boujé sé santé », porté par le réseau HTA-GWAD, créé par André Atallah, cardiologue, maire de Basse-Terre, à l’origine de la mise en place des P3S (Parcours sportifs de santé sécurisés), est désormais amplifié par l’événement inédit, Septembre bouge.

Portée par les ministères de la Santé et des Sports, relayés par l’ARS et la DRAJES, l’opération Septembre bouge entend mettre l’activité physique au cœur du quotidien de chacun, quels que soient l’âge et la situation physique.

Les P3S, un dispositif qui a fait ses preuves

Temps fort de cette journée de mobilisation en faveur de l’activité physique, la conférence sport-santé, organisée à l’auditorium Jérôme-Cléry (Basse-Terre) a permis aux différents intervenants de rappeler en quoi l’activité physique était essentielle pour prévenir certaines pathologies, renforcer le capital santé. Un acte simple, naturel, bénéfique pour le corps et l’esprit. À condition d’en faire un réflexe quotidien. Le Programme National Nutrition-Santé (PNNS) préconise 30 minutes d’activité modérée par jour chez l’adulte sur 5 jours minimum. Et 1 heure chez l’enfant.

« Septembre bouge comprend plusieurs niveaux de prévention, poursuit le Dr Atallah. Pratiquer une activité physique quand on est en bonne santé prévient la survenue de maladies. Mais, quand on est atteint d’une pathologie, l’activité physique permet d’améliorer le pronostic de la maladie. »

Labellisés PNNS (Programme National Nutrition Santé), les P3S accessibles gratuitement à tous les publics dans des espaces aménagés en plein air dans les communes de Guadeloupe, contribuent à lutter contre la sédentarité en facilitant la pratique d’une activité physique. Lors de son intervention, le Dr André Atallah a partagé les résultats de l’évaluation du dispositif. « Je suis très satisfait de ce travail. Nous allons améliorer ce dispositif qui obtient de bons résultats et qui est le seul, pour l’instant qui soit labellisé Programme National Nutrition-Santé. »

Gabriele Fioni, un sportif convaincu

Sportif confirmé, convaincu des bienfaits de l’activité physique et sportive, le recteur de l’académie de Guadeloupe, Gabriele Fioni, a salué l’engagement de la ville de Basse-Terre. « Septembre bouge est une manifestation essentielle pour nos jeunes en sédentarité, en surcharge pondérale ou en situation d’obésité, a-t-il indiqué. Faire du sport doit être une réalité. Nos écoles doivent être des lieux où on a envie d’aller, des lieux où on forme une jeunesse guadeloupéenne saine. Si l’école perd les jeunes, c’est la gendarmerie qui les trouvera ! »

Gabriele Fioni, recteur d’académie, Philippe Luccioni-Michaux, directeur général de l’ARS, et le Dr André Atallah, cardiologue et maire de Basse-Terre, ont donné l’exemple.

L’Agence régionale de santé, par la voix de son directeur général, Philippe Luccioni-Michaux, de Jean-François Cayet, directeur de l’Evaluation et réponses aux besoins de la population, et Malyka Kancel, responsable du Service Aide à la prévention et à la promotion de la santé, ont rappelé que dans le Schéma régional de santé, le sport et la nutrition figuraient parmi les priorités de l’ARS. L’organisme accompagne plusieurs structures, dont les 9 Maisons Sport-Santé de Guadeloupe et Saint-Martin, et actions déployées sur le territoire.

Quand on sait que :

  • 1 Guadeloupéen sur 2 est en surcharge pondérale
  • 1 Guadeloupéen sur 3 souffre d’hypertension
  • 12 % (environ) de la population souffre de diabète, la pratique d’une activité physique régulière est d’autant plus vitale.

Les bienfaits de l’activité physique dans la lutte contre le cancer, pendant une chimiothérapie, après une opération chirurgicale ou chez les personnes souffrant d’une maladie chronique…, mais aussi dans le milieu professionnel et hospitalier en particulier ont notamment été mis en lumière. Une délégation du Centre hospitalier Sainte-Marie (CHSM), unique lauréat de Guadeloupe à d’un appel à projets national avec Bouge ta santé, était présente pour l’occasion.

En France hexagonale et dans les territoires d’Outre-mer, Septembre bouge s’inscrit désormais comme un marqueur pour la reprise de l’activité physique.

Cécilia Larney

Pr Carré : « Il n’y a pas de temps à perdre ! »

Certaines données préoccupantes indiquent qu’au fil des générations et au gré de la sédentarité qui s’installe durablement dans les familles, les capacités physiques des enfants ont baissé. Mais tout n’est pas – encore – perdu.

En effet, l’étude menée par le Pr François Carré, cardiologue et médecin du sport spécialiste de l’activité physique adaptée, est édifiante. Il a observé deux groupes d’enfants, dont l’un soumis à un échauffement de 5 minutes avant un entraînement de 10 minutes, pendant 9 séances, soit 90 minutes d’entraînement.

« L’observation est très encourageante, conclut le Pr Carré, président du Collectif Pour Une France en forme. Chez les enfants qui ont suivi cet entraînement, les capacités physiques ont augmenté d’environ 5 %. Cette augmentation permet de rattraper 40 % de la baisse observée entre 1987 et 2022. Avec quelques séances de 90 minutes sur 5 semaines d’activité physique, on inverse la courbe de façon majeure et on améliore le capital santé de ces enfants. Si on décide vraiment de s’emparer du problème, on peut très facilement obtenir un changement significatif. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

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