La Région Guadeloupe, la Préfecture de Guadeloupe, l’OECO et l’Agence régionale de santé de Guadeloupe, de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy ont lancé le « Sargassum OECS Study Tour » mercredi 3 juin.
Cet événement a été créé afin de faciliter la coopération entre les états caribéens dans le cadre de la lutte contre les sargasses qui continuent de s’échouer sur les littoraux des territoires.
Ce mercredi, une vingtaine de membres de l’OECO (Organisation des Etats des Caraïbes Orientales) est venue en Guadeloupe pour une journée d’échanges de connaissances qui a débuté à l’espace régional du Raizet pour se terminer à l’agence de Gwad’Air à Arnouville, Petit-Bourg.

Ils s’appellent le H2S et le NH3. Ce sont les noms scientifiques des gaz qui causent des dégradations sanitaires. L’hydrogène sulfuré et l’ammoniac font partie de la trentaine de gaz qui émanent des sargasses en décomposition que l’on retrouve sur nos côtes.
Ces gaz, lorsqu’ils sont respirés fréquemment et à fortes doses, entrainent des gênes et des complications de santé sur l’homme, qui peuvent entrainer la mort (aucun décès n’a été enregistré pour l’instant).
Les communautés de personnes à proximité des sargasses souffrent fréquemment de maux de tête, de difficultés respiratoires et d’autres problèmes de santé à cause de l’émanation de ces gaz.
« L’hydrogène sulfuré et l’ammoniac sont des gaz irritants et neurotoxiques », explique Sylvie Gustave dit Duflo, vice-présidente de la Région Guadeloupe en charge de l’environnement.
Sylvie Gustave dit Duflo :
Ainsi, La Région Guadeloupe, l’ARS et la Préfecture ont lancé des protocoles visant à contrôler la présence de ces gaz dans l’air, afin de protéger la population. Au delà de 5 particules par minutes pendant 24 heures, il est conseillé d’évacuer les populations afin qu’elles ne subissent pas les conséquences de ces émanations. Si les études concernant les conséquences sanitaires et environnementales causées par les émanations de gaz des sargasses se multiplient, elles n’étaient pas connues de tous les Etats caribéens.
Dans les pays anglophones, qui représentent la majorité des états membres de l’OECO, la gestion des sargasses était laissée au secteur privé. « Les hôtels, les établissements de restauration, s’occupaient de la collecte des algues. Le plus souvent, ils les mettaient dans le sable. Avec la propagation des recherches scientifiques, nous avons apporter la preuve que la gestion des sargasses avait également des impacts sanitaires et environnementaux. Eux n’avaient pas du tout pris cela en compte », poursuit Sylvie Gustave dit Duflo.
Jean-François Moniotte :
Un partage de connaissances
Les Etats membres de l’OECO se sont rendus compte, notamment grâce aux études lancées dans les territoires caribéens francophones (notamment les études du CHU de la Martinique), que l’Etat doit prendre le contrôle de ce sujet, avec du monitoring de la qualité de l’air, pour que la population soit le moins impactée par les émanations.
« Ils viennent donc prendre l’expérience que nous avons dans les territoires français sur le monitoring de la qualité de l’air, sur les enjeux des émanations de gaz, et sur Gwad’Air qui publie des analyses de la qualité de l’air. Ils viennent apprendre comment l’état fonctionne avec Gwad’Air, les plans communaux de sauvegarde… ».
Le Sargassum OECS Study Tour est un échange de connaissances et de bons procédés concernant le fléau que représentent les sargasses. Les territoires francophones profitent de la présence de leurs voisins pour apprendre sur les possibilités de valorisation des sargasses car les Etats anglophones sont plus avancés dans les études de transformation des sargasses avec plusieurs projets de transformation qui sont déjà lancés.
Gwad’Air, un organisme indispensable
Pour contrôler la présence du H2S et du NH3 dans l’air, la Guadeloupe a fait appel à Gwad’Air, qui est l’observatoire de la qualité de l’air en Guadeloupe et à Saint-Martin. Il s’agit d’une association agrée par le ministère de l’Environnement de France, qui a la mission de mesurer la qualité de l’air et d’alerter en cas d’épisodes. L’association vient également accompagner les décideurs sur les questions environnementales. Les Etats membres de l’OECO étaient intéressés de connaitre le fonctionnement de Gwad’Air afin de développer dans leurs territoires des systèmes de régulation similaires pour protéger les populations.
« On mesure la qualité de l’air sur plusieurs points, premièrement par le biais de nos 6 stations de mesure fixes qui mesurent la qualité de l’air en Guadeloupe et à Saint-Martin. On mesure également sur le réseau fixe sargasses 24 points placés sur tout le littoral de la Guadeloupe. Nous contrôlons sur ces points l’H2S et le NH3 qui sont l’hydrogène sulfuré et l’ammoniac », explique Kathy Décordé, ingénieure d’études de Gwad’Air.
Ces études permettent à Gwad’Air de transmettre des informations importantes aux décideurs, mais également de connaitre les points en état de pré-alerte ou d’alerte. « Quand il y a une situation de pré-alerte ou d’alerte, l’ARS a prévu plusieurs protocoles. Il y a également le seuil vert de recommandation et d’information qui intervient avant le niveau de pré-alerte pour avertir les populations de consulter un médecin en cas de gêne. Ensuite, il est recommandé d’éviter les zones dans lesquelles les pré-alertes et les alertes sont repérées. »
Kathy Décordé :
La technologie utilisée par Gwad’Air afin de produire ces informations et la gestion des données était les sujets principaux de la visite des experts caribéens. Ils ont pu apprendre pendant un peu plus d’une heure de l’association qui a expliqué son fonctionnement. Le travail combiné de Gwad’Air, de l’ARS, de la Préfecture a pour objectif de protéger les populations des émanations toxiques.
« Dans le cadre du plan national sargasses 3, la Région Guadeloupe a demandé à l’Agence régionale de la santé d’avoir un suivi plus fin des populations, en déployant d’avantage de médecins sentinelles. On va mettre en place un suivi sur 10 ans, 20 ans ou 30 ans des populations impactées, parce que nous sommes persuadés que l’épidémie sanitaire est devant nous », conclut Sylvie Gustave dit Duflo.
Tafari Tirolien
























