Opinion. En souvenir de Félix Rodes

PAR BRIGITTE RODES

La Vérité est une. Toujours. Elle ne soufre ni biaiserie ni oubli.

Il est clair que Félix Rodes a traversé son parcours sur cette terre des vivants entre gloires et trahisons.
Mais la plus grande des richesses qu’il ait porté sur le lit de la maladie jusqu’au tombeau, fut celle du pardon qui transcende le jugement.

À lui qui dans les geôles de la prison de la Santé, en ce mè 67, arrima deux confrères qui deviendront non moins illustres : Leclerc et Hermantin.

Mais Il me plaît à moi, de revoir avec tendresse et gratitude un Félix Rodes au sommet de la gloire et du respect, en ce crépuscule naissant du sacerdoce de l’avocature de feu, à Paris, devant la 17e chambre correctionnelle, plus de quarante ans après, faire résonner par sa seule présence aux côtés de confrères venus le défendre, puisqu’ il s’agissait bien de cela, de l’ honneur de l’homme et de la flamme de la Robe, faire résonner par tous le respect qui lui était dû.

Lui rendre gloire est une gageure.

À l’homme dont la pudeur ne souffrait pas les hommages, au défenseur du droit et de la liberté sous toutes les latitudes de la terre, à celui qui fut et reste d’une confraternité sans mesure,
À celui qui aussi aimait se ressourcer dans ce qu’il appelait le grand livre, il me revient ces mots de Paul à Thimothée : « J’ai combattu le bon combat. J’ai achevé la course, j’ai gardé la foi. Désormais la couronne de justice m’est réservée. … »

Certains hélas, comme Victor Hughes, changent diamétralement en chemin, passant du juste combat de l’émancipation de l’homme à l’imposture de la servilité.
Que reste-t-il en ce bas monde face aux travers ?
Le pardon des offenses et la liberté intérieure, celle qui se tient ferme face à toutes nos facéties, qui sourit à nos faiblesses et qui nous édifie dans sa fulgurante essence d’immortalité.
Merci encore et encore à Félix Rodes.
Toujours.
Requiem in pace .

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