Guadeloupe. « J’ai décidé de refuser les repas qui me sont donnés et les soins qui me sont prodigués », dit Alex Lollia depuis le CHU

Depuis mercredi Alex Lollia, professeur de philosophie en retraite, figure du syndicalisme, a décidé de faire la grève de la faim et des soins. Dans sa chambre, Henri Yacou est solidaire et souhaite qu’une fois les élections passées le problème soit pris à bras le corps.

Alex Lollia a prévenu ses amis : « Mes très chers amis !
Il est de mon devoir de vous informer que depuis hier, mercredi 11 mars à 18 heures, j’ai décidé en toute conscience de refuser les repas qui me sont donnés et les soins qui me sont prodigués.

J’estime que le traitement qui m’est infligé, comme à beaucoup d’autres patients du CHU, ne relèvent pas de la médecine mais d’une forme de maltraitante.

Je dois signaler que les personnels directement en contact avec les patients ne sont aucunement responsables de la transformation de ce Centre de Santé en Maison de torture.

Je crois qu’il est urgent, sinon vital, d’informer l’opinion publique sur les graves dysfonctionnements qui minent le CHU de l’intérieur.

C’est ainsi qu’Henri Yacou, mon voisin de chambre (ancien directeur de la Caisse Générale de la Sécurité Sociale) et moi-même avons décidé de nous exprimer publiquement sur les graves défaillances qui conduisent le Centre hospitalier de crise en crise.

Pour ce qui me concerne, je suis parfaitement conscient des risques que je prends pour ma santé qui est déjà largement entamée.

Mais, je crois qu’il appartient à une conscience libre de dénoncer les turpitudes des irresponsables qui ont notre santé et notre vie entre leurs mains. Le silence ne serait qu’une forme de lâcheté et de complicité avec l’ignominie. »

Henri Yacou a aussi diffusé un message.

« Bonjour
Je vais bien c’étaient juste des examens
« imposés » par mon médecin traitant en terme de prévention par rapport à la campagne des municipales.

Le cas de M. Lollia est à investiguer quant aux droits des malades en hôpital.

À force de nous exprimer on a décelé un « mal-être professionnel » des personnes « aux pieds du lit des malades ».

Avec nos expériences et notre sens des responsabilités nous avons décidé de jouer notre rôle d’anciens et de faire œuvre de conscience même retraitée.

À nos âges nous n’avons plus rien à prouver … et rien à perdre .

Nous considérons que créer après les élections municipales une Association des Personnes Malades Hospitalisées APMH est nécessaire.

A priori nous devrions faire une lettre ouverte avec les grandes lignes suivantes :

  • Promotionner et défendre les droits du malade hospitalisé
  • ⁠Être lanceur d’alerte pour réussir sur le long terme notre nouveau CHU
  • ⁠Défendre les capacités de nos établissements de santé et professionnels de santé et l’ensemble du système médico social à être au service ici en Guadeloupe de la santé des Guadeloupéens
  • ⁠Promotionner et défendre les personnels des établissements hospitaliers qui se donnent comme on ne peut imaginer avec professionnalisme, passion voire amour/affection à « leurs malades » comme ils nous ont souvent dit.
  • Etre un espace de résonance des personnes malades hospitalisées pour que les dirigeants, chefs de service et membres de la CME, aient les moyens pour assurer leurs obligations totales comme le prévoit la loi HPST
  • ⁠Etre attentif au mal management dans les établissements de santé avec des pratiques et faits avérés défaillants qui nuisent à la qualité des soins, au bien-être des équipes et à la sécurité des patients. »

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