PAR JACQUES BANGOU*
Une rupture politique majeure
La question des politiques nationales en direction des territoires anciennement colonisés vient de franchir le plafond de verre qui sévissait jusqu’alors parmi les candidats à l’élection présidentielle.
Lors de son premier meeting de campagne à Saint-Denis, Jean-Luc Mélenchon a clairement énoncé deux situations particulières et les réponses qu’il entend y apporter en qualité de Président de la République :
– La Nouvelle-Calédonie : réponse favorable à la revendication d’indépendance portée par l’immense majorité du peuple Kanak, en dépit de l’opposition de la population issue de la colonisation française.
– Les autres pays d’Outre-mer (la Guyane nominalement citée) : possibilité d’un statut d’autonomie dès qu’un peuple en formulerait la demande.
Je prends acte de cette avancée politique. Elle est énorme. Elle tranche radicalement avec les positions du reste de la classe politique française.
La clause de non-régression : une garantie sociale
En ayant posé au préalable (le 26 mai dernier) la notion de clause de non-régression, opposable tant pour la Corse que pour l’ensemble de nos territoires, Jean-Luc Mélenchon réaffirme qu’aucune autonomie ne pourra se faire au détriment des acquis sociaux.
Il s’engage ainsi à préserver le RSA, la Sécurité sociale, l’octroi de mer et les majorations de vie chère — mesures parfois brandies par la droite et l’extrême droite comme monnaie d’échange de toute réforme institutionnelle.
Ce n’est donc pas une rupture avec la France, mais une relation nouvelle, librement consentie et enrichissante.
Un programme de transformation nationale
Cet aspect du programme ne doit pas occulter les autres piliers essentiels portés par le candidat :
– Relance économique : augmentation nette du salaire minimum et répartition rééquilibrée des richesses.
– Reconstruction des services publics : santé, hôpitaux et éducation en priorité.
– Politique étrangère refondée : alliances et solidarité « avec les peuples qui luttent » — Ukraine, Iran, Congo, Cuba, Palestine.
La responsabilité des forces populaires
Il faudra naturellement rester attentif à toute nouvelle candidature susceptible de surenchérir ce programme de rupture à gauche.
Mais, à ce jour, Jean-Luc Mélenchon est le seul à avoir formulé des propositions aussi nettes sur l’avenir institutionnel de nos territoires.
La balle est désormais dans le camp des forces populaires — y compris en Guadeloupe.
Les partis devront être clairs : faire de cette élection présidentielle l’occasion d’une éducation et d’un échange populaire, pour que triomphe la gauche et que les Guadeloupéens soient en responsabilité.
*Président du PPDG
Ancien maire de Pointe-à-Pitre






















