La deuxième journée de la conférence-débat « Cap sur la Coupe du monde 2026 », organisée par le Group Croissance vendredi 13 mars à l’hôtel Karibe, a réuni experts, dirigeants sportifs et représentants diplomatiques autour d’une question centrale : comment structurer le sport haïtien pour en faire à la fois un levier de développement et un outil de rayonnement international.
La deuxième journée de la conférence-débat « Cap sur la Coupe du monde 2026 », organisée par le Group Croissance ce vendredi 13 mars à l’hôtel Karibe, a réuni experts, dirigeants sportifs et représentants diplomatiques autour d’une question centrale : comment structurer le sport haïtien pour en faire à la fois un levier de développement et un outil de rayonnement international. Quatre panels ont rythmé les discussions, mettant en lumière les opportunités mais aussi les faiblesses structurelles du secteur sportif en Haïti.
Le premier panel s’est penché sur la coopération entre Haïti et le Brésil dans le domaine du sport. L’ambassadeur du Brésil en Haïti, Luis Guilherme Nascentes da Silva, a présenté le modèle brésilien, notamment la place du football dans l’économie nationale. Selon lui, l’exportation de joueurs constitue un secteur stratégique pour son pays, représentant environ 0,7 % du produit intérieur brut (PIB).
L’ambassadeur a estimé que cette expérience pourrait inspirer Haïti, à condition de mettre en place des structures de formation solides et une politique sportive cohérente. Les échanges ont ainsi porté sur les moyens de renforcer la coopération afin de permettre au football haïtien de bénéficier du savoir-faire brésilien en matière de formation et de développement.
Le deuxième panel s’est concentré sur le rôle des académies dans l’essor du football national. Les intervenants, parmi lesquels Webbens Princimé, le président du FC Toro, et Jean Roland Dartiguenave, ont discuté des défis liés au management des centres de formation et à la structuration du football de base. Les discussions ont mis en évidence l’importance d’un encadrement professionnel pour transformer le potentiel des jeunes joueurs en véritable filière de développement sportif.
La réflexion s’est élargie lors du troisième panel consacré à l’intégration des autres disciplines sportives dans une politique sportive destinée à la jeunesse. L’entraîneur de basketball Jason Valbrun, l’ancien volleyeur Thomas Mickelson et Ralph Kernizan, ancien footballeur devenu entraîneur et actuel président de la Fédération haïtienne de tennis de table, ont plaidé pour une vision plus globale du sport en Haïti. Jason Valbrun a notamment exprimé son ambition de voir un jour la sélection haïtienne participer à une Coupe du monde de basketball. Les intervenants ont insisté sur la nécessité d’une législation sportive claire et d’une stratégie nationale pour encadrer le développement des différentes disciplines.
Le dernier panel a abordé la relance des compétitions scolaires et universitaires, considérées comme un maillon essentiel dans la formation des jeunes talents. Pedro Cédemé, directeur sportif de l’académie Saint-Louis de Gonzague et responsable sportif à l’Université Quisqueya, ainsi que l’avocat Ronald Auguste et Manassé, ont souligné l’importance de redynamiser ces compétitions afin de recréer un véritable vivier pour le sport national.
En clôture des échanges, l’économiste Kesner Pharell a livré une analyse sans concession de la situation économique du pays. Il a rappelé qu’Haïti, malgré une population plus importante, dispose d’un budget national nettement inférieur à celui de la Jamaïque. Il a également souligné la forte concentration démographique dans certains départements, notamment l’Ouest, l’Artibonite et le Nord. « Il existe une véritable demande de loisirs et donc un marché pour le sport en Haïti », a-t-il affirmé, regrettant toutefois l’insuffisance d’initiatives structurées pour répondre à cette demande.
La conférence s’est conclue sur la présentation d’un projet d’infrastructure sportive : la construction d’une arène de 5 000 places aux Cayes, un projet qui illustre l’ambition de doter le pays d’équipements capables de soutenir le développement du sport.
Source : Le Nouvelliste

























