Voix des Outre-mer. Joseph DeCange : « C’est la victoire de l’audace »

Ancien élève du Cefrim (Ecole de musique et de danse), au Moule, avec Jean-Fred Castry, le Guadeloupéen Joseph DeCange a été sélectionné en Ile-de-France pour la grande finale du concours de chant lyrique Voix des Outre-mer. À l’Opéra Bastille (Paris), fin janvier, le baryton, artiste professionnel éclectique, s’est imposé.

Rétrospectivement, comment vivez-vous votre victoire à la 8e édition du concours Voix des Outre-mer ?

Joseph DeCange, baryton : Je suis très, très content ! Avec le recul, je suis très honoré du parcours réalisé. Je n’ai rien fait d’extraordinaire, mais je retiens surtout ce que j’ai osé faire à un moment donné, toutes les personnes qui m’ont motivé et la fierté d’y avoir cru jusqu’au bout. Je me rends compte que c’est une victoire de l’audace !

Un prix, ce n’est pas une finalité, surtout à mon niveau. Ce prix est un encouragement, un « boost » pour continuer à avancer, à travailler, à progresser. C’est à cela que sert un prix en chant lyrique. Il permet à celui qui le reçoit d’y croire et d’y aller à fond. C’était un peu comme une révélation mentale : je me suis dit que j’entrais dans la cour des grands, que j’avais des capacités. Il fallait y aller vraiment, travailler à fond pour être le plus à l’aise et le mieux préparé possible pour la suite.

Et maintenant ? Quels sont vos projets ?

Depuis trois ans, je participe à des productions. Cette année, j’ai une belle saison artistique avec plein de spectacles différents. Je travaille aussi dans le doublage sur des films et séries, parce que je suis aussi comédien. Tout cela fait partie de moi et m’a permis d’appréhender ma présentation sur scène, le travail de certains répertoires, notamment l’air de la finale des Voix des Outre-mer. Quand on se prépare mentalement, cela permet d’être beaucoup plus juste, plus sincère. Dans un concours, ces détails font la différence : il ne suffit pas juste de bien chanter, il faut raconter l’histoire.

Aujourd’hui, je suis à un temps de ma vie artistique où il faut tenter, oser se présenter. Je suis très honoré par mon prix aux Voix des Outre-mer : c’est une ligne de plus à mon CV, une introduction à ce qui doit suivre.

Vu votre cursus, ce prix n’arrive pas par hasard : le chant lyrique était déjà dans vos intentions.

C’est vrai ! J’ai une formation classique, j’ai fait le Conservatoire à rayonnement régional de Paris, j’ai pris des cours de chant lyrique, j’ai travaillé. Je suis intermittent du spectacle depuis quelques années, je travaille beaucoup dans les spectacles musicaux, j’ai suivi différentes formations, notamment aux Cours Florent. En comédies musicales, j’ai travaillé dans plein de spectacles différents qui m’ont apporté énormément d’expérience.

Qu’est-ce qui vous a conduit aux Voix des Outre-mer ?

Il s’agissait de ma deuxième participation au concours Voix des Outre-mer. La première fois, j’avais eu une mention d’encouragement. Mais, pour cette première participation, je finissais la classe libre et à cette période, j’avais besoin de me reconnecter au chant lyrique, à cette partie de moi qui était toujours là ! J’avais envie de me rechallenger encore et d’y croire à nouveau. Avec ma mention d’encouragement, j’ai été reçu par Fabrice di Falco et Julien Leleu, organisateurs du concours Voix des Outre-mer, qui m’ont beaucoup accompagné.

Et le travail continue…

Il y a toujours du travail ! Ce qui est magique, c’est d’avoir parfois l’impression qu’il n’y en a pas eu beaucoup ! Même quand tout semble couler de source, il y a toujours énormément de travail en amont !

Vous avez été sélectionné pour la finale de la 8e édition du concours Voix des Outre-mer en Île-de-France, mais vous portez la voix de la Guadeloupe. Racontez-nous !

Mes parents sont du Sud Basse-Terre et j’ai grandi au Moule, jusqu’à mes 18 ans. J’ai commencé la musique au Cefrim avec Jean-Fred Castry, en flûte traversière.

Vous revenez souvent en Guadeloupe ?

La dernière fois date de deux ans. Ces dernières années étaient compliquées. Les périodes de vacances étaient courtes pour moi : je n’arrivais pas à dégager 3 à 4 semaines pour séjourner en Guadeloupe. Mais, parmi les lots reçus au concours Voix des Outre-mer, il y a un billet d’avion : ce sera l’occasion de retourner en Guadeloupe !

Après les Voix des Outre-mer, envisagez-vous d’autres concours ?

Il y a différents concours pour les chanteurs lyriques, chaque année. Il y a des auditions en ce moment pour des académies d’opéra ou certaines formations… J’ai envie de tenter ma chance : je vais passer des auditions.

Mon objectif professionnel, c’est de continuer à m’améliorer et de faire des choses qui me plaisent, de travailler dans le milieu de la musique classique, lors de festivals ou sur certaines scènes. Il y a encore du travail ! J’aimerais bien, sur les 3 prochaines années, continuer mes différentes activités : le doublage, le chant lyrique, la formation, passer des auditions, trouver un agent professionnel dans le chant lyrique.

Entretien : Cécilia Larney

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